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MIETTES ONIRIQUES
suivies de FRAGMENTS INTIMES
TOME II
( Salim Benabdelmoumène FRA )
Céruléen
Il monte en ce moment, le mot céruléen.
Qui brille ? Le soleil. Les nuages sont gris.
Comme la mer est calme, Adam va se baigner.
Quant à moi, j'ai très peur du méchant requin blanc.
Les taxis arrêtés recouvrent la jetée.
Les bateaux sont à quai, les hommes fatigués.
Les femmes sont partout. Souvent, des roses rouges
Leur tiennent compagnie. Elles les embellissent.
Un prêtre américain d'origine asiatique.
Du raï dans une église. Applaudissez Khaled.
Nous sommes sur un quai et le train va partir.
Ah ! treize heures, bientôt. C'est le train de Strasbourg.
Mon ami ne dort pas. Quant à moi, je soupire :
« Je suis en pyjama, je dois encor rêver. »
Il monte en ce moment, le mot céruléen.
Les nuages sont noirs. L'orage n'est pas loin.
Je me souviens à peine
Je me souviens à peine de cette guerre
Qui fut menée il y a... Oh ! bien longtemps.
C'était en Angleterre, début des temps ?
Un long mouvement tournant, une réponse
A une attaque. Une avancée rapide,
Soudaine et dure, inexorable et limpide.
De cette vieille guerre et de ses détails
Il ne reste plus aucun souvenir sûr.
Probablement sanglante mais capitale :
Un roi, une terrible marche et l'Histoire.
Quand tu marches
Tu es à contre-courant. Marche !
Dans Paris, tu n'as pas d'amis.
Un peu bizarre, ta démarche,
Les autres sont tes ennemis.
Tu es au milieu de la foule.
Là, ton regard cherche un ami.
De l'eau, c'est ton bateau qui coule.
Tu t'en remets au saint Rémi.
Tu es à contre-courant. Lutte !
Plus loin, tu dois marcher dans l'eau.
Entraîneront-elles ta chute,
Celles qui sont au bord de l'eau ?
Là, tes pieds sont couverts de terre,
Mon ami, tu dois te laver.
La France n'est pas l'Angleterre.
Le bien tu dois le cultiver.
A ceux qui veulent des réponses,
Tu ne dis rien car tu es toi.
Ne te fie pas aux annonces.
N'oublie pas : tu es un roi.
Ciel étoilé
Un instant, je vis les étoiles
Telles que les diraient des toiles.
Belles, dans le ciel de Toudja.
Aucune trace de Bahdja.
Elles étaient rouges ou bleues,
Loin, à des millions de lieues.
Oh ! je voulais tant les nommer,
Les voir de près et les aimer.
Peu après, dans le même rêve,
Et ce fut là comme une trêve :
Une comète dans le ciel
(C'est un oiseau sans peur, sans fiel).
Hélas ! sa course fut rapide.
Mais après, tout devint limpide.
Pensée : « La Terre ? Un vaisseau
Dans l'espace. Et moi, je suis l'eau. »
A présent j'ai été
A présent, j'ai été, c'est que je ne suis plus.
Je suis là, devant vous. Vous ne me voyez plus.
Je suis venu à vous afin de mieux comprendre.
J'ai vécu sous vos pieds mais rien n'était à prendre.
Riche, vous l'êtes tant. Je ne suis que vapeur.
Oh ! mais pour être pauvre, il suffit d'avoir peur.
Le nain a disparu, écrasé par sa flamme.
Anne, vas-tu prier pour la paix de mon âme ?
La préfecture
Dans la cour de la préfecture,
Je vois entrer notre voiture.
Monsieur le Préfet nous attend
Avec sa femme et quelques hommes.
J'ai dû mal mettre mes chaussures.
Alors, je dois recommencer.
Je suis lent. Le préfet s'en va.
Sa femme et ses hommes le suivent.
On s'approche de la voiture.
C'est un homme, il est en colère :
- Sors de la vite ! espèce de...
Un moment d'hésitation.
Finalement, je sors, j'ai peur.
L'homme s'écroule, se débat.
J'appelle au secours : - Hé ! à l'aide !
Là, ma sœur s'approche de nous :
On ne peut compter que sur elle.
Dans le futur
Dans le futur, les taxis planeront.
Dans le futur, il y aura du verre.
Dans le futur, il y aura la guerre.
Dans le futur, nous serons bombardés :
« Ici tout est détruit, nous devons fuir. »
Il faut tout d'abord nager, puis marcher
Les pieds dans l'eau. Où sont donc nos chaussures ?
Je suis pieds nus. Comme le sol est sec,
Je m'arrête et me cherche des chaussures.
Les autres sont partis, je reste seul.
Je marche puis m'arrête, fatigué.
Les autres vont-ils revenir pour moi ?
Une fille m'aborde, une Espagnole.
Ce qu'elle dit, je ne le comprends pas.
Une femme (elle doit l'accompagner) :
« Elle dit qu'elle voit votre détresse,
Que vous devriez aller à la messe,
Car là est la paix, mais aussi l'histoire. »
Bien sûr, mais il y a une autre voie :
Celle de la nuit et de l'au-delà.
Après le passé, après le présent,
Dans le futur, il y aura la guerre :
« Oui, nous viendrons, lorsque la paix viendra. »
Futur : des femmes venues du ciel.
Les eaux montent
Les eaux montent, montent. L'espoir
N'est plus de mise. Sur la plage,
Les hommes ont très peur. Ils courent
Mais il est déjà trop tard. Choc,
La mer les aspire. Ils se noient.
Une ville. J'aurais aimé
Vous la décrire. Les mots manquent.
Elle est ancienne et magnifique.
Ses murs, l'œuvre de titans. L'or
En est la couleur dominante.
Mais cette vision fut brève.
Les eaux montent, les murs s'écroulent,
Enfin, la ville disparaît.
Tous deux dans leur appartement,
Femme et mari attendent. Quoi ?
- Nad, la mer et la mort approchent,
Faisons l'amour ! faisons l'amour !
Ce furent les derniers mots d'Am.
Les eaux montent, la mer avance.
Sur une île, un homme attend, seul.
Il est bien le dernier espoir.
Un essai, une tentative,
Un demi-succès. Mer et Mort
Se retirent un peu, vaincues ?
Mystère. Tout s'est arrêté.
Les eaux montent, le mal est là.
Une réponse : conscience.
Nina
La jeune Nina avait un poignard.
Elle voulut donc tuer mère et fille.
Le père était présent, pâle, impuissant.
Nina leva son poignard, déjà prête.
La mère fit un mouvement. Nina
Lâcha son poignard puis se retourna,
Bras tendu vers le père, suppliante :
« Aidez-moi. Oh ! s'il vous plaît, aidez-moi. »
Ce furent là les mots d'une mourante.
Le cambriolage
Tout commence par un cambriolage :
Banque, train, bijouterie ou encore...
Là, les bandits s'enfuient à cheval
Jusqu'à leur cachette, une grotte vide.
L'armée, à leur poursuite, finit vite
Par les retrouver. C'est un caporal,
Suivi de soldats armés de fusils.
Le caporal pénètre dans la grotte,
Passe au crible les bandits, le butin.
Le chef des bandits n'est pas là. Colère
Du caporal, personne ne répond.
Commence le carnage, la démence.
O cruel sort que celui des bandits !
Où sont donc leurs têtes, leurs bras, leurs jambes ?
Troncs, troncs et puis troncs. La Grande Faucheuse
Peut être très fière, que de victimes.
Le dernier tronc, tel un volcan actif,
Fume. La tête a-t-elle été brûlée ?
Mais de son cœur s'échappe une lumière.
Fini le temps de la douleur. La paix.
Le professeur
La mort attend notre pauvre homme.
Je crois que c'est un professeur.
Il n'a pas peur qu'on le dégomme.
Or, moi je suis son confesseur.
Ils sont deux dont un porte une arme.
Ce sont deux stars de cinéma.
On peut dire qu'elle a du charme,
La femme me rappelle Emma.
Allons, pourquoi tuer cet homme ?
Un rêve, du moins je le pense.
De vos crimes faites la somme,
Il n'y a pas de récompense.
Comme ils font durer le plaisir,
L'homme change, devient plus doux.
En anglais, s'il fallait choisir :
- Do you understand ?
- Yes (redoux).
Lo
L'avenir, tel que je le vois, ô roi !
- Et mon œil plonge jusque là, ma foi, -
Comment vous le décrire ? Il est savant,
Coloré, prodigieux et mouvant.
Lo, que cherches-tu donc, la vérité ?
Hé ! tu peux changer la réalité,
Des machines sont là pour t'y aider,
Mais Dieu, tu ne peux pas le précéder.
Farstar
Clap. L'an 2.020.
Le nom de cette ville ?
On détecte un objet,
Mobile (invulnérable ?)
S'approchant de la ville.
Une femme, un tableau.
« L'objet cache une bombe.
Or, si la bombe explose,
De 2.020 nous
Irons en 1.010. »
Est-ce un objet volant ?
L'objet rentre sous terre.
Quand Farstar intervient :
« J'irai l'intercepter ! »
Farstar prend une taupe
(un transport souterrain),
Puis il quitte la ville.
Le temps passe. L'objet
Devient visible. Un cri :
« Non, pas de choc frontal ! »
S'enfonçant davantage,
Farstar évite l'autre
Puis revient par l'arrière...
Le colonel Damia
Inquiète. Elle veut
Partir en quête de
Farstar. Donc, changement
De décor, c'est le Monde
Souterrain. Monde nu,
Peuplé de créatures
Etranges, irréelles.
Le colonel Damia
Est seule à présent. Quand
Apparaît une bête
(C'est le serpent des sables).
Il attaque Damia.
Damia sort donc sa dague.
Le serpent tient Damia.
La tête de la bête
Est telle de l'acier.
Une région est
Plus molle que le reste.
Damia blesse la bête
En enfonçant sa dague
Dans la région molle.
Puis elle la retire.
Le serpent la relâche.
Une corne apparaît
A l'endroit de la plaie.
La bête attaque alors.
Damia lâche sa dague.
Quand tout semble perdu,
Les hommes de Damia
Apparaissent soudain
Et abattent la bête.
On retrouve Farstar.
Il est dans le coma,
Très gravement brûlé,
De multiples fractures.
« Dieu, non, il n'est pas mort
N'est-ce pas, le sauveur
De nos vies, de nos... »
Changement de décor :
On prend soin de Farstar.
Michel
Un, nous sommes en Algérie.
Une cour, ma maison natale.
Il fait nuit et je vois des fils.
Là, Michel s'envole avec peine.
Michel traverse l'Atlantique.
Deux, nous sommes en Amérique.
Un bruit : c'est un hélicopter.
Il appartient à la police.
Or, voulez-vous que je vous dise ?
Michel n'est pas un assassin.
Pourtant, Michel est attaqué,
Son avion coupé en deux.
Ton lit
Ton lit est un nid de serpents.
En haut, l'araignée géante...
Elle se penche, elle t'attrape.
Là tu n'es plus qu'un tas de fils.
Les démons emplissent le champ.
Ils brûlent, ne ressentent rien.
La sorcière n'est pas méchante
Devant le monstre qui t'attend.
Ton visage est tout déformé.
Satan... La peine est assurée.
Le sang coule, la neige est rouge.
Tout s'arrête, plus rien ne bouge.
Move
1-LA FEMME DE PALPATINE
Quand la femme de Palpatine
Apparaît, tu dois t'en aller.
Mais avant, il faut te cacher.
Parcours la station spatiale,
Tu connais bien tous ses couloirs.
Fais vite. Essaie de t'en sortir.
Trouve-toi un vaisseau. Va-t-e
2-LA MUTANTE
Cette femme est une mutante.
Elle est belle. Elle est dangereuse.
Elle te suit. Elle te veut.
Tu ne peux pas lui échapper.
3-LE CHEVAL AVEUGLE
A cheval ! c'est la liberté.
Cheval bai, cheval isabelle,
A cheval ! parcours la forêt.
Une étable, un cheval qui dort,
Karim : « Mon Dieu, il est aveugle ! »
4-L'ESCALIER
Pour descendre cet escalier,
Il doit être récompensé.
Les marches sont particulières.
Peut importe, il doit y aller.
5-SUPERMAN
- Sais-tu que je peux m'envoler ?
- Move on baby. Ether et nues.
Swealla
L'astéroïde Swealla.
Kaddar le magnifique attend
Un prestigieux invité :
Le prince de Molinara.
Or, le vaisseau du prince vient
D'atterrir sur l'astéroïde.
Le palais bleu-vert de Kaddar
Est taillé à même le roc.
Depuis mon vaisseau orbital
Je vois tourner l'astéroïde
Et le palais à l'unisson.
Danger
La mer est menaçante. Un endroit où aller,
Un refuge. Le ciel ? Oui, je dois m'envoler.
Suis-je en train de rêver ? Alors, vais-je tomber ?
En bas même, le sol semble se dérober.
Dieu est-il contre moi ? Ô Dieu ! suis-je puni ?
Ma bonne étoile a fui. Je ne suis plus verni.
Toi, l'eau, es-tu la mort ? Je ne veux pas mourir.
Plutôt vermillonner... Il me reste à mûrir.
Si la terre est à fouir, que ce soit pour manger.
La sombre tombe est pour qui a peur du danger.
J'ai vu
J'ai vu voler des avions
Un peu trop près d'un bâtiment,
Et, poursuivi par deux lions,
J'ai cru mourir en un moment.
Mon frère Yacine était petit,
Des enfants jouaient au ballon.
Les lions manquaient d'appétit :
C'était l'église d'Avallon.
Mes rêves, les chanterais-tu
Aux doux enfants de nos enfants,
Toi qui dis avoir combattu
Les hommes sur leurs éléphants ?
Partir
- Tu es un Benabdelmoumène,
Tu iras donc au paradis.
- Je ne crois pas ce que tu dis,
Père.
- Viens, mon fils, je t'emmène.
Je suis toujours vivant, ô père !
Pourtant, je voulais tant partir.
Quelqu'un n'a pas dû consentir.
Peut-être bien Dieu. Un mystère.
Il ne voulait pas que je parte,
Le moment n'étant pas venu.
Mon destin demeure inconnu.
Or, je ne suis pas Bonaparte.
Il faudra bien qu'Il me pardonne.
Il disait bien : « Ne pas pécher. »
Un jour, tu viendras me chercher.
Tu diras : « Viens, Dieu te l'ordonne. »
Yacine écrit
Prends donc ton « scandavire »,
Monte sur le navire.
Voir le diable puissant
N'est pas bien réjouissant.
La mer doit sommeiller
Et le soleil briller.
Lorsque la mort t'oublie,
L'auteur, heureux, publie :
Vive la Liberté !
Veux-tu la vérité ?
Manon est éternelle.
La petite hirondelle
S'envole dans le ciel.
L'oiseau sans peur, sans fiel,
Sur un vieux toit se pose
Et, te voyant, te cause,
T'embrasse, te sourit.
Il dit : « Yacine écrit. »
He Pao
En rêve, He Pao était simplement belle.
O Dieu ! pardonnez-moi, j'étais... Je suis fou d'elle.
J'étais à ses côtés, et j'étais à ses pieds.
En se penchant sur moi, He Pao dit : « Voyez !
Côté gauche, en habit, je suis inaccessible.
Dominante et guerrière, ah ! je suis invincible !
Côté droit, nue étant, mon corps est tout à vous.
Vous êtes bien un homme et les hommes sont fous. »
Je restais à ses pieds : « Ô He Pao, je t'aime ! »
Et je baisais sa main. Elle me dit : « Toi, sème. »
A table : He Pao. Le décor, lui, changea.
Une femme était là, avec elle. On bougea.
Quelqu'un se plaignait fort et c'était l'aubergiste.
« Cesse donc de te plaindre et prends ceci. J'insiste. »
Et elle lui lança une perle du doigt.
Plus tard, je l'appelai : « Nous partons, il fait froid ! »
He Pao à cheval était plus que jolie.
Ô vous qui me lisez, comprenez ma folie.
Princesse Leena
J'ai craché sur Leena. Elle me dominait
Du haut des escaliers car j'étais imparfait.
Je jeûnais, je souffrais, je manquais de maîtresse.
Leena ressemblait à une demi-déesse,
Etait brune, élancée. Une grande beauté.
Du petit que j'étais, je devins révolté.
Issue de son fort, la divine princesse,
Ne voulait pas de moi en état de faiblesse.
- Leena est ton prénom car tu n'existes pas.
Alors, pourquoi chercher la trace de tes pas ?
Dick
Dick, mon cher Dick, es-tu vraiment parti ?
Aurais-je dit oui que j'aurais menti.
Mon oncle et mes cousins étaient tes maîtres.
Tu n'aimais pas les... Encor moins les traîtres.
Mais, une nuit, tu es venu me voir :
« Etre auprès de toi est plus qu'un devoir. »
Tu es un ami, plus qu'un camarade.
Or, je me souviens de notre balade.
Je m'étais perdu. Tu m'avais aidé
A retrouver mon chemin. Décédé,
Tu l'es à présent. Et dans mon poème.
Pour toi je resterai toujours le même :
Un enfant, têtu mais reconnaissant.
Tu es mon gardien, fidèle et puissant.
Pèserons-nous jamais
Pèserons-nous jamais les doigts de viande ensemble ?
(Phrase née d'un songe au cours du ramadan).
J'ai tant rêvé, ma foi, d'une qui te ressemble,
Ouafa. Oui, je te vois, et toujours sans ruban.
L'Afrique est dans mon cœur, elle est dans ma mémoire,
L'Algérie avant tout. Et en son sein, Toudja,
Mon village natal. Oui, Toudja. Or, l'histoire
Ne connaît pas Toudja, encore moins Bahdja.
Ouafa ? c'est ma cousine, et Bahdja ma grand-mère.
A côté de Toudja, il y a Béjaïa.
La blanche Béjaïa valait très cher naguère.
Au nord de Béjaïa, il y a Bastia.
FRAGMENTS INTIMES
Il jouait
Il jouait de la cornemuse
En longeant le mur de la tour.
Il cherchait le nom de la muse.
- Manon, cela vaut le détour !
Ses pensées étaient confuses
Et tout était si délirant.
- Un beau cadeau que tu refuses :
Être reine tout en errant.
Souviens-toi donc du vieux poète.
Not a number but a free man.
Et c'était aussi un prophète.
- Un rapport avec Walt Whitman ?
Amanda
Je vois la véranda
De la sombre Amanda.
De plus, j'ai un peu peur
Du feu, de la vapeur.
Brûler d'amour pour toi.
Être sans foi ni loi.
Je suis fou. Mais je crois
Que tu aimes la croix.
Dans mes rêves, c'est toi.
Es-tu reine ou bien roi ?
Je ne suis sûr de rien
Ni du mal, ni du bien
Je sais que tu es là,
Que je t'aime. Voilà !
Rose-Croix
Le temps d'une rose
Ici je repose
J'y sème ma prose
Le vent en dispose.
Le temps d'une saison
Tu as pris ma raison
Funeste passion
Je meurs dans ce vallon.
Le temps d'une chanson
Monte mon oraison.
Ici donc je repose
Au milieu des roses.
L'Handicapé Sentimental
Né d'un curieux mélange apparemment
Tant de cynisme en guise de sentiment
Il fuyait l'amour, une peste assurément
Le commerce des hommes, quel châtiment.
Vous me direz : le mépris l'attend forcément
Certains l'apprécient ! Faut-il être dément
D'autant qu'il manie les piques si tendrement
De fin costards ! Et en public ! Mais noblement.
Le mépris d'autrui ? Le comble du raffinement
Vous me direz : c'est lui tresser des compliments
Et quel orgueil ! Accablons le forcément !
D'autant qu'il ne connaît pas le ressentiment.
Autour de Manon
Mon cœur est triste,
Manon, je ne sais pas pourquoi.
Hop ! tous en piste !
Je hais le sourire du roi.
Et quand vient l'aube,
Manon, je me mets à pleurer.
Bénie est l'aube,
Mais je me suis laissé leurrer.
Dieu, dis, tu m'aimes ?
Pourquoi suis-je vivant, Manon ?
- Pour que tu sèmes
Plutôt que de répondre : « Non ! »
Le Cid, ce tigre,
Est amer. Il veut se tuer.
- Aussi vrai ? Bigre !
- L'amertume ? A évacuer.
Noir est mon rêve,
Monstre hideux né des enfers,
Plus qu'une trêve :
Te voir vaincu et mis aux fers.
N'est pas de mise,
Le repos : le mal est vivant.
Souffle la bise.
Ce parcours est bien décevant.
Manon, je t'aime,
Mais je ne suis pas très heureux.
Tu es (je sème)
Mon rai, et mon ciel langoureux.
Ma conscience ?
Tu es part de mon univers.
En ton abscence,
Tout part, comment finit le vers ?
La mort me hante.
Manon, tu ris, où est le lien ?
Un jour, ma tante
En rêve me dit : « elle est bien ».
L'amour ? A faire,
Dirait mon ami Moubarak.
Manon (l'affaire)
N'est pas d'accord. Parlons d'Irak.
Par sainte Jeanne,
Manon, tu es un océan !
L'œuvre condamne,
Manon, l'orange et le tyran.
Elle était belle,
Jeanne la Pucelle, un régal
Une hirondelle
Me dit qu'elle aimait le métal.
Manon, si d'elle
Je te parle, sais-tu pourquoi ?
Jeune et rebelle,
Jeanne le reste. Le Cid quoi.
Manon, mon maître
Est bien le Roi du ciel, vois-tu ?
Que du paraître,
Ton monde, mais je suis têtu.
Ma demoiselle
Ô toi la plus belle, Manon,
Reste fidèle,
Je t'en prie. Et viens, ou sinon...
Fin de la ronde.
Ce n'est qu'une trêve, Manon.
Ou fin du monde,
Amour, j'oublie ton prénom.
Mélancolie
Qu'est-ce que la mélancolie ?
Une vague tristesse,
le dégoût
de
la
vie.
Il me semble que le monde est vraiment gris.
Pourtant, tout va très bien,
Car demain
Eve
se
marie.
Tigres et dragons
Tigres et dragons,
Rivières et océans,
Qui sont donc ces femmes
Qui dansent et qui se battent ?
L'une est sage,
L'autre est très fougueuse.
L'une a perdu son ami
Et l'autre n'est plus qu'une légende,
Une femme volant dans les airs.
Paris
Paris, 31 décembre. Polaire.
Sous le signe du crabe réfractaire.
Paris est une belle ville, mais
Ô printemps je ne te verrai jamais !
C'est trop de misère et de pauvreté.
Paris m'attriste, malgré sa beauté.
Il est vrai que je suis bien difficile,
Et que l'équilibre est en tout fragile.
Je me souviens
Je me souviens d'un doux printemps...
A Toudja, il y a longtemps.
Ô comme il était fort et grand !
Un homme ? Un titan ! un géant !
Que reste-t-il de toi, mon père ?
La mort est un cruel repère.
Va-t-en, maudite maladie !
Mais ce n'est là que comédie.
Tu es le juste à honorer.
Ta mémoire est à célébrer.
Dans mes rêves, tu es vivant.
Et je t'aime, bien plus qu'avant.
Toi qui pleures en silence
N'aie pas peur, non, ô toi qui pleures en silence !
Dieu, qui est près de toi, ne t'oubliera pas.
Moi seul, pauvre mortel, je ne peux pas t'aider.
T'aimer n'est pas assez, je le sais bien. Alors
Mon ami, mon cousin, dors. Et puis rêve. Oui, rêve.
Car un ange t'attend, lumière et récompense.
A présent tu es mort. Je pense à toi souvent.
Tu es avec les dieux que je croise en rêvant.
J'ai froid
J'ai froid, ce qui est du concret.
Je pense alors à un sommet
Dans les Andes, l'Himalaya,
A un temple, grec ou maya,
Au dur passé du peuple noir,
A la trompe du tamanoir.
J'y pense avec acharnement.
Sinon, gare à l'abattement !
L'omniscient
Passé, présent ou avenir,
Je ne peux pas vous retenir.
Ainsi le temps poursuit sa course.
Quant à moi, j'en connais la source.
Tel Dieu, je suis omniscient.
Ma planète s'appelle Um-Yent.
Au milieu d'un désert, je prie.
Je regarde, parfois je crie.
Pour voir, je dois me concentrer
Et tout doit me laisser entrer.
J'aime Dieu et la poésie,
Notamment d'Europe et d'Asie.
J'embrasse tout cet univers,
Je connais Paris et Anvers.
Les gens me croisent dans leurs rêves,
Et toi dans tes visions brèves.
Non, je ne suis pas un voyeur.
Je tremble, je connais la peur.
Hommes soumis à des tortures,
Nids de hideuses créatures.
Parfois, j'aimerais prévenir.
Que de dangers dans l'avenir.
Or, toi qui es un peu poète,
Tu me comprends (Satan m'inquiète).
Parle de moi, tu sais les mots
Qui font les rires, les sanglots.
« Il gémit trop », a dit ton frère.
Je sais qu'il a du caractère.
A présent, quelqu'un pense à moi.
Puisse-t-il enfreindre la Loi.
Car Dieu m'a dit : « tu dois te taire. »
S'Il est muet, c'est son affaire.
Que faire de ce que je sais ?
Béni soit l'homme et ses essais.
Un jour, je mourrais en silence.
Salim pleurera mon absence.
J'aurais dû
J'aurais dû te parler de la mélancolie.
Qu'importe la raison, plus douce est la folie.
Pour lui j'ai du respect, le vers alexandrin.
Pour lui j'ai du respect, je ne suis qu'un bambin.
D'espoir en rêve noir, le visage du diable.
Du tourment, rêve blanc, une femme adorable.
- Tu dis que j'ai un ventre à la place du cœur,
Peut-être as-tu raison. Forte aussi : la rancœur.
Les Temps Incertains
Les temps incertains de l'existence
Viennent sans aucune convenance
Se collent à vous avec constance
Et ne partent que par violence.
Les temps incertains de l'existence
Se moquent de mon indifférence
Ils m'habillent le soir avec prestance
Et m'enveloppent de leur fragrance.
Beauté de la douleur
Il m'est arrivé de croiser
Des femmes à l'âme douloureuse
Il m'est arrivé de chercher
A les rendre moins malheureuses.
Pourtant quelque soit la tendresse
Un écrin de délicatesse
Je n'ai su vaincre leur détresse
Le temps qui s'écoule les blesse.
Soir d'été
Je suis parti te rejoindre un soir d'été
Je t'avais abandonnée, mes serments brisés
Je te sentais frémir à chacun de mes pas
Et ton corps s'embrasait de rayons incarnats.
Je laissais mon âme te sertir de corolles
Des baisers, gonflant les nuages de larmes.
Jadis de tes attraits je n'ai su le charme
Et pour d'autres bras j'ai vendu ma parole.
Je suis brisé et me perds, je me rends à toi.
L'Ange Noir
De la mort je veux arracher les secrets
Je ne craindrai pas d'affronter le vide
Je démonterai le ciel s'il le fallait
De l'ange noir j'aurai la Folie turpide.
De la vie je veux vider l'espérance
Aux enfers j'emmènerai l'humanité
Au ciel je laisserai monter la souffrance
Des anges j'emprunterai la cécité.
A ceux qui croient encore aux destinées
Celestes qui attendraient l'humanité
Le ciel seules par les étoiles est peuplé
La misère nous l'avons perpétuée.
Le coq
Amis, lorsque j'étais enfant,
Ce coq-là était triomphant.
La ville connaissait son chant.
Il régnait. Il était méchant.
Chaque jour, dans la basse-cour,
Aux poules il faisait l'amour.
Aussi, lorsque j'étais enfant,
Je ne parlais pas d'olifant.
Je lisais Arsène Lupin,
J'aimais la poule et le lapin.
J'allais les voir après les cours,
Et la vie suivait son cours.
Un beau jour, propice à l'amour,
Gai, j'entrai dans la basse-cour.
Or, le coq était devant moi.
« Ici, c'est moi qui fais la loi ! »
Puis soudain, il sauta sur moi.
Tout en moi était en émoi.
Alors je criai : « Au secours ! »
Mon père mit fin à ses jours.
Terres saintes
Un soir de ramadan.
Dieu, le jeûne présents.
Et comme un marin du Soudan,
Je suis entre deux biendisants.
Elles éclairent fort la planète Abadan,
Les deux étoiles d'or : les rêves sont luisants.
Dieu qui es éternel,
Tes prophètes s'en vont
Je dois poursuivre un criminel,
Le capturer avant le pont.
Mon avion, amis, est un dragon. Panel :
Dans le monde rêvé, les hommes ont un fond.
La nuit porte conseil.
Blanc... Je lis le coran.
L'imam a mal à son orteil.
L'islam convient-il à l'Iran ?
Mais quant à l'Algérie... Au lever du soleil,
Haute est la prière, oui. Et à bas le tyran !
Moïse, souviens-toi,
Des juifs, de pharaon.
D'une Egypte ignorant la foi,
Sachant ce maître, son talon.
Bien plus que pharaon, Dieu fut fort. Sous sa loi,
La mer rouge fit un... La mer rouge fit... (bon).
Les juifs ont bien changé.
Ils sont vils, assassins.
L'au-delà en est dérangé.
Les morts influent sur nos destins.
Dieu n'est pas sourd. En fait, il a déjà bougé.
Dieu est, soyez en sûrs, contre les assassins.
Un rêve pour finir.
A milieu de la nuit,
Deux femmes, dont une à punir,
Se mettent à lutter sans bruit :
Palestine, Israël se battent. Suit un tir :
Est Israëlien, le soldat qui détruit.
L'œil de mon père
Quand le ciel noir s'emplissait d'aquilon,
Nous étions au chaud dans notre salon.
Les révolutions étaient dehors.
Nous étions au chaud, loin de vous, ô morts.
Le sang de Jésus luit sur les cadrans.
L'ombre l'écoute, depuis deux mille ans.
L'ignorance a aveuglé l'avenir.
Ne pouvant plus rien saisir ni tenir.
Le chemin est droit. Il n'est pas mauvais.
Où mène-t-il ? Je l'ignore ; et j'y vais.
Vois-tu le fond de mon âme, ô tombeau,
Ma volonté, mes cris, mes vœux, ma peau ?
Dans ce vent de tempête qui me mord
Et dans la nuit, l'œil de mon père mort.
Pernilla
Pour que tu puisses un jour atteindre le soleil,
Elle t'écrit enfin. C'est une vraie merveille.
Rayon de lune ? Étoile ? Oui, le miel des abeilles.
Ni la nuit ni le jour ne semblent plus pareils.
Imaginer son corps, jusqu'au lever du jour,
Langoureuse et soumise, une invite à l'amour.
Laisse brûler ta flamme et ton cœur est un four.
Adieu réalité, en elle pour toujours.
Insomnie
L'insomnie, la nuit... Je me lève et j'écris.
Sans elle ce sonnet n'aurait pas vu le jour.
Las, je ferme les yeux et je pense à l'amour.
Mathilde est avec lui. Rien n'est encore acquis.
Deux, changement de cap : des arbes rabougris,
Un rhinocéros blanc. Or, il mourra un jour.
Le dictionnaire a, ma foi, fort peu d'humour.
Mathilde est avec moi. Je l'entends, je souris.
Bonne, ta question. Là, mon ami, je sèche :
Je ne suis pas puni ; or, je tue, je pèche.
Pourquoi ? Dieu seul le sait, voilà ce que je pense.
Mon sonnet se finit. Éveillé je demeure.
- Qu'as-tu fais de ta nuit ?
- J'écris depuis une heure.
Le ramadan est long, avec lui l'abstinence.
Ta-O
Je suis dans mon vaisseau. Je dors depuis dix ans.
Je m'appelle Ta-O. Ma planète est Mir-Ans.
Je me réveille à peine et j'aperçois la Terre.
Tout n'y est que beauté. Hélas ! l'homme détruit.
La guerre le séduit, le vacarme, le bruit.
Je suis venu en paix. Je ne veux qu'une pierre.
Je fuis dans la nature, ô triste humanité !
Leurre, imposture ? Non, tout y est vérité.
Le progrès, je connais. Tôt, j'en ai fait la ronde.
Près des étoiles d'or, sur les planètes, fier,
Je cotoie les rochers. Une âme c'est amer.
Et je suis moi. Adieu, je dois lancer ma sonde.
J'ai tué l'araignée
Père, verrai-je un jour le superbe alcyon ?
Oh ! pouvoir m'envoler, chevaucher le rayon,
Rejoindre le soleil, briller car je le veux,
Etre aimé par toi, femme, embrasser tes cheveux.
Et depuis l'au-delà, père peux-tu me voir,
Lire dans mon esprit, ferai-je mon devoir ?
L'araignée est là, morte. Elle n'avait rien fait.
Et, la prière aidant, je me sens lourd, défait.
Habana Club
Un soir de danse à la Havane
Quelques notes de blondeurs s'élèvent
Un soir de danse à la Havane
Un crescendo de rondeurs se lèvent.
Une nuit de salsa à la Havane
Sur un allegro tous les corps s'emmêlent
Une nuit de salsa à la Havane
Aux vibratos des hanches je me mêle.
Matin de fête à la Havane
Dans ma tête sonnent les mojitos
Matin de fête à la Havane
Ma blonde mélodie partie : rideau.
Une soirée de ramadan
Secrets, rires, chuchotements...
Une sombre réunion.
Un certain soir de ramadan.
Je vais à eux, je les entends.
Quelques-uns semblent très puissants.
Hommes et femmes sont présents.
Qui sont-ils ? Sont-ils bien vivants ?
Le monde est-il entre leurs mains ?
Quant à moi, je pense à demain.
Je suis seul dans ma chambre bleue.
Le vent caresse ses cheveux.
Elle est belle et jeune, l'actrice.
Omise : la dominatrice.
Devant la télévision,
Elles cessent : les visions.
D'autres rêves ont pris leur place.
Ils sont faits de feu et de glace.
L'homme rêve les yeux ouverts :
Sommes-nous seuls dans l'Univers ?
Et demain, serons-nous clonés ?
Dois-je regretter d'être né ?
Par Zeus, aimez la poésie
D'Afrique, d'Europe et d'Asie !
Basho, Hugo et Walt Whitman,
De Tokyo à Manhattan,
En passant par Rome et Paris,
Madagascar, les Canaries,
Chantent Dieu, l'amour, la nature,
Vont de l'atome à la voiture.
Quant à nos soucis, nos problèmes,
Ils sont bien dits dans leurs poèmes.
A mon tour, j'aimerais chanter
Qu'aucune loi n'est à dicter.
Alamut
Dans le fort d'Alamut,
Ibn Saba va... (chut !)
Nous sommes en automne,
Un secret pour personne.
Or, à ce qu'il paraît,
Allah, il le connaît.
Il n'y a point de monde
Sur le chemin de ronde.
Il contemple le ciel.
Aux abeilles le miel,
Aux lions la savane,
Aux singes la banane.
Mais lui a les houris,
Les clés du paradis.
Les étoiles sont belles
(Hugo parlera d'elles) :
Capella, Arcturus,
Altaïr, Regulus...
Mais il pense à la Terre.
C'est un grain de poussière
Dans l'espace infini.
L'homme est bien démuni.
L'Univers est immense.
Dieu a bien de la chance
Lui doit se contenter
D'un tout petit chantier.
Or, qu'importent les pertes.
Sans peur, sans fiel, alertes,
Ses fedayins le sont.
A la mort ils iront
Pour que lui cimeterre
Hérite de la Terre.
Dompter le singe
Dompter le singe,
Je l'ai pêché.
Laver le linge.
Linge séché.
Belles étoiles,
Petit sachet.
Mettre les voiles.
Maudit pichet !
Dernier prophète ?
Rester caché.
Je me répète :
Linge séché.
Un pull en laine,
Pour l'approcher.
Etre sans haine,
Pour la toucher.
Longtemps j'ai cherché
Longtemps j'ai cherché les moyens de m'évader
De laisser loin derrière moi mon existence
Pleines de renoncements et de lâchetés.
En chemin j'ai enseveli ma conscience
Les saisons l'ont volé et fredonnent à l'envi
Le long des allées de cyprès, mon long déni.
Echoué sur les bords de la mélancolie
Je regarde passer les beautés de la vie.
Autour les hautes herbes frissonnent au chant
De ma rédemption. Lové au fond d'un étang
Une frêle ondine darde un regard câlin
Sur l'azur enlaçant d'une aile caressante
Un pont déposé là comme un baiser félin
Sur la rivière nimbée d'une amarante
Langueur. Je songe à reconquérir mon destin
A le dérober au temps au regard d'airain.
Le chemin qui m'attend est pavé d'espérance
J'y sèmerai mon avenir, ma délivrance
Pour sa florescence. Au loin des vagues de brume
Déferlent au creux d'une allée et s'allument
Les yeux mordorés d'une sylve couronnée
De colliers d'embruns dont le vent énamouré
Dans un tourbillons d'étreintes délicates
Orne sa chevelure mêlée de nattes.
Je pénètre là dans le clair-obscur du monde
Où les sentiments enténébrés abondent.
Une cathédrale de verdure m'accueille
Du clocher. La symphonie du matin déferle
Sous les voûtes cintrées des arbres des perles
De notes s'écoulent en bouquets dont je cueille
La beauté virginale qui enchante l'aube.
Assoupie au sein d'un lit de nuages, elle
Peine à revêtir sa céruléenne robe.
A l'ombre les feuilles bruissent d'un irréel
Cantilène dessinant la forme troublante
D'une nymphe, dont une brise palpitante
De pétales irisées a serti la peau.
Je souhaite la charmer, elle m'accable de mots.
Aïd el fitr
J'écoute Black Sabbath, cher Frédéric Schneider.
Salim est mon prénom. Mon signe est le cancer.
J'écris. Je suis dans mon poème.
Aujourd'hui, c'est l'aïd. Pourquoi laver le roi ,
Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Je recherche un emploi.
Mon rêve parlait de baptème.
Le ciel gris et la pluie... Un peu triste est mon cœur.
Je pense à cette liste. Est bien là, la rancœur.
Mon cousin a l'air heureux. Chance ?
J'aimerais l'être aussi mais je sens comme un blanc.
Non, il ne fait pas beau. Et le prophète est franc :
Le contraire, c'est la malchance.
Idir chante, c'est bien. Je ne sais pas danser.
L'aïd. De trop pleurer je dois me dispenser.
Autour de moi est ma famille.
Noëlle dans deux jours. Ma foi, je suis content.
Ecrire un bon poème, ou voir tout sinplement
Un bon film. Ah ! le joyeux drille.
De nouveau Black Sabbath et nous sommes le soir.
A ce bon ramadan je dois dire au revoir.
Lynyrd Skynyrd et je m'enflamme.
Je commence à pleurer. Ce poème me plaît.
Home is where the heart is. Mon cœur soudain renaît.
J'aime Dieu de toute mon âme.
J'ai donc passé ce jour, comme vous le voyez,
La musique à côté à aligner les pieds.
Bientôt l'an 2001. Je rêve.
L'espace. L'odysée est-elle pour demain ?
Le secret de la vie au niveau de la main,
Dieu reste grand, ce père d'Ève.
Bien, je dois vous quitter. Mes amis, à demain.
Et le moment venu, un rêve sous la main,
J'écrirai un nouveau poème.
Un merci à Hugo, mais pas au temps qui court.
Je cherche bien l'amour, mais la belle : « Balourd. ».
La fin reste toujours la même.
Carrefour des anges
Quand les auras sont bonnes
Les anges sont heureux. La maison... Il fait chaud.
Là, tout n'est que beauté. Les fleurs ont ce qu'il faut.
- Mon enfant, tu ânonnes.
- Père, que dois-je faire ?
- Regarde autour de toi, les hommes, les oiseaux,
Chante Dieu, les anges et aussi les bateaux.
Et apprends à te taire.
Aidez-moi à comprendre,
Archanges Gabriel, Michel et Raphaël,
Pourquoi tout s'est perdu, ces mots venus du ciel.
Mon cœur est un peu tendre.
« Si la montagne tue,
Tes rêves, eux, sont faits pour être racontés. »
Poème décousu, tes vers souvent comptés.
Mon ange s'habitue.
L'humanité avance
L'humanité avance sur un tapis roulant,
Dans un autobus-monde. Mais qui est au volant ?
L'humanité avance. Les prophètes sont bons.
A toi un de mes poèmes : les petits bonbons.
Hop là ! ma main le touche.
Il est rond, est-il bon ?
Je le mets dans ma bouche.
C'est un petit bonbon.
Petit enfant de France,
Aimes-tu les bonbons ?
L'humanité avance,
Les prophètes sont bons.
Entre le bien et le mal
Las, je ferme les yeux.
Je pense à Magali.
Des étoiles, des cieux...
- Maldoror, dit Ali.
De Delphine à Lova,
En passant par Stéphane...
Trois sourires, tout va.
- Maldoror est en panne.
Maldoror hait Ali
(Le mal côtoie le bien).
Dante aime Magali
Mais elle n'en sait rien.
Troisième dimension
Le bien, le mal et la beauté...
Vingt-neuf marques dans mon esprit.
Lui : « Luxe, calme et volupté. »
Je répo