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MIETTES ONIRIQUES
suivies de FRAGMENTS INTIMES
TOME V
( Salim Benabdelmoumène – FRA )
Ouafa
1-JE REVE SOUVENT DE TOI
Je rêve souvent de toi, Ouafa.
Mon père et ton frère sont pour toi.
Pense à eux, si la note est un fa,
Et qu'un peu d'eux-mêmes est en moi.
2-DANS MES REVES PARFOIS
Dans mes rêves parfois, je suis avec Ouafa.
Je vole dans les airs, au dessus de Jaffa.
Je la tiens dans mes bras et je suis Superman.
Tout en bas, Manhattan, les mots de Walt Whitman.
Je vole dans les airs, je suis avec Ouafa.
Je dois me réveiller. Mon lit est un sofa.
Faune
1-CREATURES
Deux créatures d'un autre monde.
L'une rappelle le chien, l'autre le mouton.
D'autres créatures sont à leurs côtés.
Mais rien sur cette terre ne peut s'en approcher.
2-DROLE D'UNIVERS
Il arrive parfois que dans mes rêves
` Les animaux soient doués de parole.
Ainsi le chat, le chien et l'araignée.
Il s'agit là d'un drôle d'univers.
3-LES OISEAUX
Les oiseaux emplissent la plage.
Un : ce sont des bombes vivantes
Deux : quelqu'un en est responsable.
Deux millions d'oiseaux s'en vont.
4-FAUNA
Sur les nombreux félins (lions, tigres, guépards,
Léopards et jaguars), la belle Fauna règne.
Nous étions pris au piège entre deux grottes noires,
Par des tigres cernés et de mort menacés,
Quand apparut Fauna, la reine des félins.
Elle portait un fouet. Et d'un seul coup, les tigres
Furent obéissants. Et nous, nous étions saufs.
5-CENTAURUS
Le cheval à tête d'homme ?
Cheval à tête d'enfant.
Longtemps sur cette terre il allait au galop.
Et il martelait le sol avec ses sabots.
6-LE SERPENT-CHIEN
Dans une pièce obscure un serpent nous attend.
Nous entrons. Il est là. Il a l'air endormi.
Il bouge. Il se redresse et tout à coup il change.
Le serpent devient chien. Il aboie avec force.
Un homme m'accompagne. Il se tourne vers moi.
« Ami, n'ayez pas peur, il est apprivoisé. »
7-LA PANTHERE ET LE RAT GEANT
La panthère tourmente le rat géant.
La queue du rat est un serpent. Néant.
Le rat et la panthère sont sur le sol.
Têtue, la Mort. Salim n'a pas de bol.
8-MIGRATION
Dans la grotte du Géant,
Ils surgissent du néant.
Ils s'en vont, beaux, triomphants.
Ils migrent, les éléphants.
9-DANSE AVEC LE LION
Des singes, des rats et des lions...
Certains sont en cage et d'autres non.
Un lion se libère. Toi, l'homme,
Danse avec le lion, dompte-le.
Le lion dort. Tu es le vainqueur.
Tu t'en vas ? Pense à la couverture.
Voler
1-JE SUIS UN OISEAU
L'oiseau pénètre dans ma tête.
Non, je ne suis pas à la fête.
Pour finir, je m'évanouis.
Au réveil, je m'épanouis.
En effet, je me sens léger.
Et, bien sûr, je veux surnager.
Je n'ai pas perdu la boussole.
Je suis un oiseau. Je m'envole.
2-DANS NOS REVES PARFOIS
Dans nos rêves parfois nous sommes des oiseaux.
Nous volons dans les airs bien au dessus des eaux.
Sous nos ailes d'un jour sont l'espace et le temps.
Ils bâtissent des tours. Nous voulons le printemps.
Pour descendre comptons sur cette volonté.
De plus, soyons discrets. Oui, fuyons la cité.
3-J'AIME VOLER
J'aime voler dans les airs
Sans la pluie, les éclairs.
Je ne suis pas Superman.
Je suis un peu Walt Whitman.
Ouafa n'est pas avec moi
Mais je suis l'égal d'un roi.
C'est la route de Bougie.
Je vois, comme par magie.
Musique
De la musique onirique
D'Angleterre, d'Amérique.
Heart, Pink Floyd et Led Zeppelin.
Que font Batman et Robin ?
De la musique onirique,
De France, parfois d'Afrique.
Gainsbourg, Johnny et Eddy,
Souchon mais jamais Freddy,
Sans oublier Deep Purple.
In my dreams lovely people.
Madonna et Aznavour
Chantent. A chacun son tour.
Un solo... du Deep Purple ?
La musique est parfois seule,
S'en allant et revenant
(Le Hard Rock est dominant).
Bjork
J'ai récupéré la belle Bjork
Dans l'immense ville de New York.
Fière, elle jouait les monte-en-l'air.
Je venais après, le chiffre pair.
Elle entra dans un appartement.
Etait-il vide ? Pas forcément.
Un homme et une femme y dormaient.
S'ils vivaient ensemble ou s'ils s'aimaient, ...
Bjork, en passant, les réveilla. Moi,
J'étais derrière. Pour qui ? Pourquoi ?
Ils furent surpris mais fort gentils,
L'homme surtout. Haussant les sourcils :
- C'est Bjork, c'est bien elle, n'est-ce pas ?
En effet. Mais je ne comprends pas...
Puis, nous échangeames un regard,
Bjork indifférente et moi... Trop tard.
ZZ Top
Un magnéto
(Plutôt vieillot)
Qui enregistre
Du ZZ Top.
Des enfants viennent.
« Tenez-vous donc
Bien à l'écart ! »
Ils obéissent.
Intermède
C'est une époque intermédiaire :
Le véhicule utilitaire
volera dans les airs. Mes frères,
Les indices sont clairs. Chimères ?
Non, nous, nous roulerons encore,
Petits grains que l'oiseau picore.
A la campagne et à la ville,
En attendant l'an 4000.
L'an 4000
« L'an 4000 », dit la voix.
Une ville immense se présente à moi.
Des voitures volantes...
Trois fusées s'envolent ensemble.
« Fusion contrôlée », reprit la voix.
Et voilà, l'an 4000.
- Dans ton an 4000
Où sont les continents ?
Tu n'as vu qu'une ville.
La bande magnétique
1-CELA DÉPASSE CE QUE L'ON PENSE
De l'eau et de la terre... Une bande magnétique...
Mon père et son voile blanc sont là pour tout cacher.
Le grand magnétophone... Chut ! Il faut écouter.
L'or et la belle plante, la femme est amoureuse.
La bande pend, mouillée et cassée. Réparer.
Comment faire ? Cela dépasse ce que l'on pense.
2-L'ENFANT A CASSÉ LA BANDE MAGNÉTIQUE
Malheur ! l'enfant a cassé la bande magnétique.
Mais j'ai vu dans le métro une jeune asiatique,
Entre ses belles mains un magnétophone noir,
Un vrai magnétophone. Je dois reprendre espoir.
La mort de l'omniscient
Un rêve me l'a dit : l'omniscient est mort.
Dar-Eb n'est pas humain. Je pleure sur son sort.
Qui a tué Dar-Eb et pour quelle raison ?
Qui est son assassin ? Qu'on le mette en prison !
- Dar-Eb, Dar-Eb, reviens, car tu es mon ami.
Tu dois vaincre la mort. Combats ton ennemi.
Si Dieu a fait de toi le seul omniscient
Ce n'est pas pour mourir, solitaire en Um-Yent.
- Dar-Eb, tu le sais bien, n'aimait pas discourir.
Et, n'étant point aimé, il se laissa mourir.
- Mais... Mais je l'aime, moi. Oh ! oui, depuis ce jour...
- Il s'agit d'amitié. Je te parle d'amour.
Fin du monde
On attend un météorite.
Le ciel tout d'un coup s'obscurcit.
On attend un raz de marée.
La ville tout d'un coup se vide.
C'est la fin du monde.
J'offre ma planète à la grande planète.
Pourquoi ce rire méchant ?
Pourquoi ?
Une gentille petite fille
Quelque chose se présente à moi.
Il me semble que c'est un spectacle.
Je suis fatigué. Fermer les yeux.
Réveil. Je fais de la gymnastique.
Un homme noir me parle de sport,
De domptage d'animaux d'Afrique,
Et ce, depuis le début des temps.
Je me lève et me mets à marcher.
Qui vient ? C'est une petite fille.
Elle me demande de l'argot.
Enfin, je lui jette quelques mots.
La petite fille est très gentille,
Mais le garçon me jette des pierres.
Le devoir
Je dois rendre un devoir. Je me concentre.
Des guêpes se posent sur mon cahier.
Je vaporise de l'insecticide.
Les pages de mon cahier sont mouillées.
Je tourne les pages de mon cahier
Mais je ne retrouve pas mon devoir.
Dahmen et un autre enfant ont les pages.
Je mords Dahmen. Il ne lâche pas prise.
Hugo
Il fait un peu sombre. Un buste apparaît.
L'homme me parle. Il dit qu'il me connaît.
J'écoute un discours de Victor Hugo.
Nancy reprend : « Je veux un hidalgo ! »
Un petit voyou tombe dans un trou.
Tu te sens perdu ? Moi, je reste flou.
Si dans la vie tu es en retard,
Reviens à ton rêve, il n'est pas trop tard.
Baudelaire
De la poésie... Un nain la récite.
Baudelaire : « Tout n'est qu'ordre et beauté... »
La tête sans corps est son acolyte.
Baudelaire encor : «...calme et volupté. »
Hugo, Baudelaire, le nain c'est moi.
Je cherche à faire de la poésie.
Dans mon rêve, je suis l'égal d'un roi.
Au réveil, je suis petit. Hérésie ?
Absence
Lapidé, parce que je vends,
Inconscient, fier, je descends.
Des taureaux contre des moutons,
Au milieu chantent les Bretons.
- Hé ! mon frère a besoin d'essence !
- Apprends à gérer cette absence.
Cailloux, bétail, Bretons, essence...
Veux-tu comprendre ? Bonne chance.
B., E., A.
Trois hommes sont là, trois Benabdelmoumène,
Dans mon rêve à présent, entourés d'enfants :
Oncle Belkacem, un ami, un poète;
El-Bachir, mon père, un juste à honorer ;
Oncle Abdelhamid, un homme droit, entier.
Oui, dans le ciel ils sont bien trois : B., E., A.
Trois hommes sont là, trois Benabdelmoumène ;
Dans mon rêve à présent, attendant quelqu'un.
Est-il trop tard
Est-il trop tard pour bien faire,
Trop tard pour aider mon père ?
Il était assis, austère,
Et il y avait ma mère.
Les taxis allaient, venaient,
Et parfois se tamponnaient.
Donc il y avait danger.
Lui ne pouvait pas bouger.
Tout allait donc de travers.
Alors, volant dans les airs,
Je me rapprochai de lui...
Je suis là, je n'ai pas fui,
Mais je ne puis atterrir :
Il refuse de partir.
Femmes
1-LA MAISON DE MARTINE
La maison de Martine est tout près d'une église.
Bien sûr, cela est faux, je vois rue Moïse.
Mais je peux me tromper car je suis un peu myope.
Pour ce qui est de voir, je suis l'œil du cyclope.
Si je ne vois plus bien, c'est la faute à Ulysse.
Martine est de Belgique et moi j'aime la Suisse.
2-MAGALI
Bas des escaliers.
Parmi les premiers,
J'attendais Ali.
Ce fut Magali.
3-DENISE
Denise avait l'air d'une aveugle.
Elle me voulait comme amant.
La femme est plus qu'un diamant.
Que dire d'un homme qui beugle ?
4-EVE
Une âme sans son corps flotte sur mon visage.
Or, nul homme ici bas n'est digne de son rêve.
Elle entre dans mon corps. Que de plaisir, ô Eve !
Elle venait du ciel. Eve n'avait pas d'âge.
5-LA DAME BRUNE
J'aime les jambes de la belle dame brune.
Elle se met de la crème. Pleine est la lune.
Et j'aime ses cheveux. Je suis fou amoureux.
- Madame, êtes-vous Dieu ?
- Dieu ? Non.
- J'en suis heureux.
6-LA FEMME QUI RIT
La femme qui rit semble mauvaise,
Sans doute une sorcière française.
Par deux fois, elle marqua mon rêve.
Quand elle rit, c'est la fin du rêve.
La Mort
La Mort a de multiples visages.
L'un d'entre eux a au moins quatre yeux.
Ne travaille pas pour elle.
Ne sois pas un assassin.
Dieu seul peut ôter la vie.
Respecte la vie d'autrui.
Très près d'elle, il va bientôt tomber :
Le masque du prophète caché.
Les anges
Ainsi l'ai-je vu dans un rêve :
Les anges, êtres de lumière,
Sont aussi de grands guerriers
Dont le sang, noir, peut couler.
Nuit. Deux anges se battent.
Quand on entend un cri :
L'un des deux est touché.
Le sang qui coule est noir.
Fils de Jupiter
Je suis le fils de Jupiter.
Salim n'est pas mon vrai prénom.
Cent hommes... Retour en enfer.
Quel était déjà mon prénom ?
Cent hommes... Du danger dans l'air.
Quand il surgit de nulle part.
Une épée en forme d'éclair.
Force. Puissance. Tout un art.
Jupiter est seul contre tous
Mais Jupiter est ce qu'il est.
Tourné vers moi, il devient doux.
« Tu es mon fils, ton prénom est... »
La déesse aux pieds d'acier
La déesse aux pieds d'acier
M'a mis dans un vrai bourbier.
Vaincu, je suis son esclave,
Volcan creux, privé de lave.
Ses pieds nus donnent la mort
Mais ramper, quel triste sort.
- Alors, toujours fétichiste ?
Allons donc, Salim, résiste.
Trois rêves
Lanceur de couteaux
En bois et métaux...
Cracheur de mouchoirs,
Linge blanc, séchoirs...
Hé ! je suis un dieu.
- Trois rêves, c'est peu.
- Pour faire un poème,
Il suffit d'un thème.
Une pie cogne
Une pie sous la fenêtre.
Un crocodile vient de naître.
Suit Jason, contre Jupiter.
De la colère... C'est l'enfer :
Mon père, et bien d'autres encor.
Certains leurs pieds valent de l'or.
Ils sont poètes, footballeurs.
Quant aux femmes, autres couleurs.
L'Amérique en cinquième position ?
Mes rêves sont peuplés d'étranges créatures
Fruits du bien ou du mal, de drôles de voitures.
Startrek cotoie Alien, la Guerre des Etoiles.
Aller au cinéma ou bien mettre les voiles ?
On me mange la main. Suis-je vivant ? Un maure.
Les monstres sont des nains. La belle Éléonore.
Le Collège de France, un ascenseur, la crème...
« Or, ce que nous voulons : l'Amérique cinquième. »
Guerre de religions
Une guerre oppose les chrétiens
Aux musulmans. Ces derniers attaquent.
Ils sont plus nombreux que les chrétiens.
Mais ils tombent dans un piège. Fin ?
Non : les chrétiens ne profitent pas
De leur avantage. Un, deux, trois, quatre...
Les musulmans remontent, nombreux.
Changement de décor. Plus de piège.
Le décor est plat et il fait sombre.
Les musulmans encor plus nombreux
Avancent, à pied ou à cheval.
Je suis là. Je les regarde. Tiens,
Des membres de ma famille, ici ?
Ils sont les derniers à partir. Noir.
Il n'y a plus personne. Pourtant,
Autour, je sens comme une présence.
Des soucoupes volantes, ici ?
Plus tard, l'une d'entre elle atterrit.
Puis quelqu'un descend. Vite, fuyons !
Regarder loin
Regarder loin, c'est regarder tôt.
Près de nous, ce sont des galaxies.
Quinze milliards d'années-lumière
Plus loin se trouve un mur de lumière.
Puis rien. Qu'y a-t-il donc au delà,
Plus loin, encor et encor plus loin ?
Peut-être bien d'autres univers
Obéissant, eux, à d'autres lois.
La voleuse
- Cette femme nous a volés
(Me confie un homme zélé).
- Elle l'a déjà regretté.
Car seuls comptent l'éternité,
Dieu et son jugement dernier.
Les perdants seront les premiers.
Bien sûr, cela reste à prouver.
Néanmoins, il faut l'espérer.
Le feu
1-JE MAÎTRISE LE FEU
Je maîtrise le feu, j'appelle le dragon.
Ce jeu est dangereux. L'énigme, le lagon...
La vie a fait le nombre et le nombre l'angon.
Je maîtrise le feu, la mort et le dragon.
2-ATTAQUE
Une vague de feu s'attaque à la ville...
La terre n'est pas celle de l'an 2000.
Qui a créé ce feu qui sème la mort,
Hormis l'inconscient d'un homme qui dort ?
FRAGMENTS INTIMES
Le ramadan touche à sa fin
J'ai vu Satan, une nuit de ramadan,
Si laid, je lui ai dit : «Va-t-en ! »
J'ai vu Phénix, et le Juge de Satan.
Enfin, du courage ayons-en.
Je compte les heures, je compte les jours.
Le ramadan touche à sa fin.
Je puise dans mes rêves, leurs alentours.
Je dois poursuivre mon chemin.
Pendant ce temps
Pendant ce temps, la Terre tourne...
Dans mon sommeil, je me retourne.
Mon bâton s'appelle Poème.
Sa couleur n'est jamais la même.
Poème Blanc, Poème Noir,
Ce sont l'amour, le désespoir.
Sortie droit de la matrice :
Une femme dominatrice.
Or, femme, je dois te détruire,
Ne plus te laisser me séduire.
Tu es le mal, en vérité,
D'où les tags, la publicité.
Le poème
Le poème dicte sa loi.
Le poème est plus fort que moi.
Le construire, vers après vers.
Se fabriquer un univers.
Le poème suit son chemin.
Sera-t-il toujours là demain ?
Traversant l'espace et le temps,
Sa seule saison : le printemps.
Repos
Il fait beau mais je m'ennuie.
Paris n'est plus sous la pluie.
Au vieux Collège de France,
Je réfléchis en silence.
Un oiseau est sur la branche.
L'arbre meurt. Voici la planche.
L'enfer et le ramadan...
Je n'en suis pas au divan
Mais je m'accroche à l'islam,
Repos après le ramdam.
Au Collège de France
Je regarde souvent le ciel,
Et je rêve. Je suis sans fiel.
Quand les nuages sont en nombre
Je ne ris plus, je deviens sombre.
Aussi, lorsque le ciel est bleu
J'écris, je dis merci à Dieu.
Parties : les voix, la souffrance.
Je suis au Collège de France.
Des pigeons sur le gazon vert,
En hiver. Je pense à Prévert.
- Qui est Prévert ?
- Tu ne sais pas ?
Un poète (des bruits de pas).
Le ciel est bleu
Le ciel est bleu ! le ciel est bleu !
Rachid est peut-être avec Dieu.
Quant à moi, je suis bien vivant,
Un peu moins solide qu'avant.
Je suis au Collège de France.
J'oublie les voix, la souffrance.
Je relis Le monde chinois.
Qui rampe là ? Le feu sournois.
Algérien à Paris
Des tags, sur la publicité.
Des bruits de pas dans la cité.
Des voitures s'en vont. Paris.
Des femmes, avec leurs maris.
Des voyous et des policiers,
Des autobus, des écoliers.
Enfin, le Collège de France.
L'Algérie de mon enfance.
Au fil de l'eau
Je réfléchis à mon thème.
Je dois écrire un poème,
L'eau en étant l'univers,
Un poème de huit vers.
Au fil de l'eau et du temps,
En hiver, comme au printemps,
Des barques et des bateaux.
Tard, l'Homme, bois et métaux.
N'étant pas un grand poète,
Ayant écrit en cachette,
Je dis tout en quatre vers.
Mais en fait, j'ai douze vers.
« Raz de marée onirique,
Fruit d'une bombe atomique,
Tu semble porter la mort... »
Dans mes rêves, l'eau (c'est fort).
Hé ! mais après tout, j'y pense,
Et c'est là ma récompense :
L'eau est bien mon univers,
Mon poème fait vingt vers !
Asfour
Asfour, petit oiseau,
Chante comme un corbeau.
Il aime ça, le noir,
La nuit, le désespoir.
Asfour est malheureux.
Il est un peu peureux.
Asfour aime une femme.
- Asfour, tu n'a pas d'âme !
Asfour, roi des oiseaux,
Prends garde à ces ciseaux.
On te coupe les ailes.
Ces lames sont mortelles.
Asfour, tu es aimé.
Ne sois pas déprimé.
- Moi, je m'appelle Asfour,
Je suis né dans un four
Et j'ai perdu mes ailes.
Ces lames sont mortelles.
Tolérance
Devant toi, le monde et sa diversité.
La tolérance est une nécessité.
Accepte cet autre, sans peur, sans faiblesse.
Te voilà donc sur la voie de la sagesse.
Mes ailes reviennent
Mes ailes reviennent.
Les prières tiennent.
Je peux m'envoler.
Je veux m'en aller.
Hé ! je suis un ange.
Comme c'est étrange.
Un mal est en moi
Bien plus fort que moi.
Pourtant, j'ai deux ailes,
Très grandes, très belles.
Je sais, je le vois :
C'est le roi des rois.
Mes ailes reviennent.
Les prières tiennent.
Du coq à l'âne
J'aimerais faire un beau rêve,
Pas un rêve de prophète,
Un rêve d'analphabète,
Mais dans la nuit, marche ou trêve ?
Cela coule de source,
Les mots appellent les mots.
Sommes-nous des idiots ?
Le jeu parle de ressource.
Flèche Noire et Médusa,
Puis la Mère Teresa,
Les mots appellent les mots.
Je saute du coq à l'âne.
Ma passion, my friend ? Jeanne,
Passion des idiots.
Mélange
L'argent rentre. L'argent sort.
Le bras gauche est le plus fort.
Pourquoi mon cœur est-il triste ?
Comme un chien, suivre la piste.
Emmanuelle et ses plantes...
Oublier les dominantes.
Cinq pieds vus dans le métro.
Des éclairs : c'est Ororo.
Une bande dessinée...
Plus loin ? Hum ! route minée.
Ce poème me dérange.
Je n'en peux plus. Quel mélange !
L'homme aux chiens
- L'homme aux chiens, je ne le connais point.
Perdu dans la ville, il n'est qu'un point.
Misère, misère et puis misère...
Toujours là, et je suis en colère.
- Tu milites pour un nouveau monde
Qui ne tiendra pas une seconde.
- Un monde beau où personne n'erre,
Tourné vers les étoiles : la Terre.
Question
Est-ce une question d'énergie,
De flamme (le temps d'une bougie) ?
Deux beaux tableaux, liés à la vie,
Ou parler quand on en a envie.
Voix
La voix est faible, la voix est triste.
C'est celle d'un homme fatigué.
Des mots... On dirait bien une liste.
Quant à leur sens, le mur est tagué.
Encore et toujours le métro ? Zut !
Non, c'est faux, car je suis dans ma chambre.
Je pense : « agis et tends vers ton but... »
Mais la Main, je n'en suis pas un membre.
« Quand la réalité nous échappe,
On vit de mirages. » Tchekhov voit.
Je plante un clou. Je frappe, je frappe.
J'entends un « ka ! » Que le corbeau soit.
Béquilles
Béquilles, les mots sont des béquilles.
Compter cinq pieds, puis parler aux quilles
Ou faire parler un olifant.
Aucun doute, je suis un enfant
Mais un enfant de trente-neuf ans.
Comme Ta-O, je pense à Mir-Ans.
Mais enfin, les mots sont des béquilles.
Compter cinq pieds, cueillir des jonquilles.
Quand les mots durent
Quand les mots durent dans le temps,
Cela évoque le printemps.
J'écris des vers longs de huit pieds.
Paix à la femme et ses souliers.
Je suis un ancien fétichiste.
J'aurais aimé faire une liste :
Celle des poèmes que j'aime.
Les mots qui durent, que je sème.
J'ai dit : quelle est ma raison d'être ?
Et puis : Léa suis-je ton prêtre ?
J'écris. Je suis dans le métro
(Aucune trace d'Ororo).
Paris est presque sous la pluie.
La fille est belle. Je m'ennuie.
J'aimerais
J'aimerais écrire un poème
Mais je n'ai pas trouvé de thème.
Dieu, l'eau, la femme, l'Univers,
Tout est bon. Tout va de travers.
Dieu est écrit sur un fond noir.
Il ne veut pas me recevoir.
L'eau en vague veut me noyer.
La femme en noir veut me broyer.
Les crocodiles sont en nombre.
Le ciel est gris. Je vois mon ombre.
Si les rêves font l'Univers,
Le mien est... Non, rien, à l'envers.
Enfants de la tour
« Tu es en manque d'amour. »
Quelqu'un me l'a dit un jour.
La pièce a été un four.
Demain, enfants de la tour.
Quant à la dominatrice,
Elle écrase Béatrice,
Le sourire de l'actrice,
Les enfants de la matrice.
« Nos enfants serons heureux. »
Tchekhov était généreux.
Ben Laden : « bien fait pour eux ! »
Leurs projets sont onéreux.
Souviens-toi
De la pluie et du vent,
Il fait nuit. En avant !
Nous sommes en hiver.
Suit un trou, place au ver.
Je n'ai pas vraiment faim.
Je marche, c'est certain.
Un restaurant m'appelle.
J'entre. la femme est belle.
Pizza et tarte aux pommes :
11 euros, tu m'assommes !
Souviens-toi de Salim,
Frère d'Abdelhalim.
Beauté
1-BEAUTES D'HIER ET D'AUJOURD'HUI
Beautés d'hier et d'aujourd'hui...
Comment nommer ce qui a fui ?
Ne reste plus que le désir,
Et dans mon rêve du plaisir.
2-IMMONDE ?
Les plus belles femmes du monde
Sont entre elles, font une ronde.
Si l'une est brune, l'autre est blonde.
Sonia dira : « Tu es immonde ! »
Aujourd'hui
J'ai trop tiré sur la ficelle.
J'attends. Quoi donc ? Une étincelle
Ou peut-être un coup de génie.
Je bloque. Une sale manie
Que d'écrire, toujours écrire.
Je n'ai plus envie d'en rire.
Il ne fait pas beau aujourd'hui.
Un temps gris. Le soleil a fui.
L'éternel second
Quelques notes de tristesse parcourent les rues
L'amour, le goût de la solitude perdus
Je suis le Poulidor du coeur de ces dames
A la fin, je reste bien seul à mon grand dam.
Espéranto
L'espéranto du désespoir
Luit dans les yeux des amoureux
Las ils se quitteront ce soir
Dans de douloureux adieux
Solitude
La vie me semble un océan de solitude
Un courant de bonheur venu des profondeurs
En lentes remontées en trouble la quiétude.
Tissées de flammes mentales, de moiteurs
Mortifères, pour chasser le renoncement
Je m'oublie, amour, dans tes bras. Hélas il ment.
Aux autres lieux
Aux autres lieux de la terre je préfère
Ceux que tes pas enlacent tout en silence
Ceux que tes yeux subliment de leur présence
A ces lieux sur terre ton charme confère
La beauté immaculée de la genèse.
Salim
Le matin, il prend le métro, le
Fils d'El-Bachir et de Zahira,
De l'Haÿ-les-Roses à Paris.
Dieu est toujours présent. Sa pensée
Est un univers, fermé, ouvert.
Un oiseau est là. C'est un corbeau.
Homme ou machine, qui est Salim ?
Comme toujours, de réponse, aucune.
Les uns comprendront, les autres non.
Autres, pour vous, le plus important...
A ma place
J'ai faim. Je suis dans le métro.
Samedi. Je rentre chez moi.
La mer de sable devant moi :
Publicité dans le métro.
Je lis. Je suis dans l'autobus,
Halim et Yacine avec moi,
Un magazine devant moi.
J'ai faim. Je suis dans l'autobus.
Manger, dormir. Enfin chez soi.
Les corbeaux ne font plus de : « Ka ! »
Mais voilà tante Malika.
Une prière, un bain, c'est moi.
Quel effort ! le tout dernier vers :
A ma place dans l'Univers.
Deux corbeaux
Deux corbeaux sur le gazon vert.
Vert ? Bien sûr, je pense à Prévert.
Le ciel est bleu. Or, le printemps
Me dit : « laisse passer le temps. »
Ces corbeaux, leurs cris sont osés.
Sur un arbre, ils se sont posés.
D'autres oiseaux ont pris leur place.
Qu'en est-il de ma carapace ?.
J'ai froid
J'ai froid, et je vais déprimer.
Je cherche quelqu'un à blâmer :
Dieu, Satan, la femme méchante,
Un poète, pourquoi pas Dante.
« Tu dois lutter, quoi qu'il en soit. »
Signé : le crabe maladroit.
J'ai si froid, je vais déprimer.
Déprimer ? Non. Rimer, rimer.
Il ressemble à la Terre
Le noyau est Ali,
Le magma est S.M.,
L'écorce est un peu mince :
Salim n'est pas un prince.
Noyau, magma, écorce,
La Terre est ainsi faite.
Salim est un poète.
Salim est un prophète.
Il ressemble à la Terre,
Passant d'un choc à l'autre.
Les exterminateurs
Sont ses régulateurs.
C'est un grain de poussière
Perdu dans l'Univers.
Néanmoins que de rêves,
Et rares sont les trêves.
La Terre rêve-t-elle ?
Salim ne le sait pas.
Quand le Soleil mourra
La Terre brûlera.
Pour ne pas disparaître,
L'homme doit essaimer,
Mettre fin à la guerre,
Il doit quitter la Terre.
On tue
La vie est hors de prix,
Oui, mais pourtant, on tue.
Nombreux, les assassins,
La vie ne vaut rien.
Tuer pour de l'argent,
Tuer pour le pouvoir,
Tuer pour le plaisir
Ou pour n'importe quoi.
Et moi, je suis bien là.
Je vous vois. Dieu vous voit ?
Messieurs les assassins
Prenez garde à demain.
Aura-t-il lieu ou non,
Le jugement dernier ?
En vrai, nul ne le sait.
Il faut s'y préparer.
Messieurs les assassins,
Le jugement dernier,
Il vous sera fatal :
La vie est hors de prix.
Aujourd'hui je sais bien,
Je n'ai pas d'importance.
Je suis là, je suis là.
Prenez garde à demain.
Je suis là
Je n'ai aucun pouvoir
Sur le Bien et le Mal.
Mais faire mon devoir
Cela parait normal.
Je dois vous prévenir :
Je suis là. Dieu aussi ?
Je pense à l'avenir
Et à l'enfer aussi.
Trop d'excès, de souffrances.
Tout est déjà écrit ?
Que sont nos existences.
J'entend quelqu'un. Il rit.
Est-ce un homme, une femme,
Le symbole du mal ?
A-t-il un cœur, une âme ?
Qui est cet animal ?
Il nous pousse à voler
Et à tuer aussi.
Peut-on le contrôler ?
Dieu, Satan, c'est ainsi.
Un moment j'ai pensé :
« L'enfer ? Bien trop cruel. »
L'homme est trop insensé.
Le Bien perd son duel.
Voici la vérité,
Et que Dieu me protège :
L'enfer est mérité,
Exclus : le feu, la neige.
Le jugement dernier
1-TU RESTERAS SAIN ET SAUF
Tu resteras sain et sauf, dure sera ton âme
Lorsque sera venu le jour de tous les drames.
Chasse donc la noire sœur ! Ton cœur est une étoile.
Tu cacheras ton jeu sous la pierre tombale.
2-JE LES VOIS
Je les vois passer devant moi.
- Mettez donc fin à notre errance.
- Je ne peux pas car j'ai péché.
Le prochain pourra vous aider.
Tournons-nous vers l'avenir
Salim, réincarnation
Probable de Jésus Christ, est
Un phénomène mineur dans
L'histoire de l'humanité.
Reste à prouver leur existence :
Dieu, la réincarnation.
Même si l'un et l'autre sont,
Salim n'en demeurre pas moins
Un phénomène mineur. Fin ?
Non, car du passé il faut faire
Table rase. Tournons-nous donc
Plutôt vers l'avenir. Ensemble ?
Ma voix est faible
Ma voix est faible, je le sens bien.
Je suis. J'existe. Qui fait le bien ?
Dieu est ? La suite des vrais prophètes,
Les textes et la foi des poètes,
Autant de preuves. Pourquoi ce doute ?
Si Dieu est, l'enfer, je le redoute.
Moïse, Jésus et Mahomet,
Oui, la Terre à son dieu s'en remet.
Ma voix est faible. Dernier prophète ?
Je suis. J'existe. En marionnette ?
Plus d'amour
Dieu existe. Dieu n'existe pas.
Vers la folie, il n'y a qu'un pas.
Jésus t'appelle, espèce d'ordure !
Deux pieds, un clou... Ka ! la rage dure.
Une foule hostile... Assez d'aimer !
Un ! deux ! trois ! quatre ! il te faut ramer.
Une voix faible : Satan t'appelle ?
Plus d'amour, car elle n'est pas belle.
Qui
Qui nous manipule,
Dieu, Satan, leurs fibres,
L'homme, la crapule,
Ou sommes-nous libres ?
Le bien et le mal
Bordent le pendule.
Sacré animal,
Qui te manipule ?
Faits de bien et de mal
Nous sommes faits de bien et de mal ;
Et dans le rêve et dans la prière.
Le premier est source de lumière.
Quant au second, c'est un animal.
Les étoiles, le monde parfait,
Nous prions pour que cet avenir
Soit. Quant au moyen d'y parvenir :
Le bien vainqueur et le mal défait.
Moi, je suis fait de bien et de mal.
Pourquoi demain serais-je meilleur ?
La lumière est celle du veilleur.
Il est bon. Mais quant à l'animal...
Ou va le monde
Où va ce monde si bruyant ?
Ne pas savoir est effrayant.
Les rêves montrent un chemin :
L'avenir sera citadin
Et l'homme verra les étoiles.
Donc, il faudra mettre les voiles.
Des plaisirs et des déplaisirs :
L'inconscient et ses désirs.
Six milliards d'âmes
Non, nul besoin d'être un prophète :
Un homme, et toute une planète ;
Six milliards d'âmes mouvantes,
Les grises semblent dominantes.
Âme grise : le purgatoire,
Cela parait bien accessoire.
Le purgatoire ? C'est la Terre.
Mais méfions-nous de l'Angleterre.
Âme blanche : le paradis,
Il me semble, lui est acquis.
Mais où trouver une âme blanche ?
Même Jésus n'est pas étanche.
L'âme noire, l'enfer l'attend.
Je hurle mais nul ne m'entend.
Six milliards d'âmes mouvantes,
Les grises sont les plus courantes.
Tic-tac
Tic-tac, tic-tac... je sens que le temps passe.
La Terre tourne. Dieu seul nous dépasse.
Et moi, je dors. Les autres sont actifs.
Les dés sont là, sur de frêles esquifs.
Quand le sort se déchaîne, les dés roulent
Puis tombent dans la mer. Les bateaux coulent.
Les dés sont à présent au fond des eaux.
Un serpent les protège, aux cent anneaux.
Le monde est gris
Le riche est plat. Le riche est...
On dort à même le sol.
Une question de bol ?
Que penser de ce qui est ?
C'est qu'on les voit un peu trop,
Les tags, la publicité.
Le monde est gris, vérité.
Le blanc n'est jamais de trop.
Le métro. Egalité,
Fraternité, liberté.
Drôle de pays, la France.
Petit, Salim est petit.
Mais il a de l'appétit.
Néanmoins, que de souffrance.
La faim du monde
Une bougie unique
Maintient le monde en marche.
Tout devient aquatique.
Noé, pense à ton arche.
La femme éteint le feu.
Bientôt la faim du monde.
Il n'y a plus de Dieu.
Les clowns font une ronde.
Au travail
Les hommes sont différents.
Mais il n'y a qu'une seule
Humanité. Un : la guerre,
Deux : la misère. Il faudrait
Les supprimer. Protégeons
La Terre. Après, nous verrons
Bien. Qui le sait, si mes rêves
Se réaliseront : Mars,
Planètes et galaxies ?
L'Univers est vaste, vaste.
Tournons-nous vers les étoiles
Et nous les verrons de près.
Mais ne rêvons plus, la guerre
Est toujours là, la misère
Aussi. alors, au travail !
Aïoli
Encor de la publicité.
Aïoli, aucune importance.
Ils te font rire en vérité.
Bravo, ils ont beaucoup de chance.
Ils sont donc pressés d'arriver.
Mais où vont-ils exactement ?
Beaucoup cherchent. Quant à trouver...
Tard, l'enfant qui jamais ne ment.
En face de moi
En face de moi,
Quelque chose d'informe et d'inhumain.
Pour laver le roi,
Il fallait que je passe par la Main.
Stupide, la voix
Dit que je suis stupide. Un dernier pas ?
A chacun sa croix,
La mienne étant que je ne comprends pas.
Tu t'adores
Femme, tu est à tes propres pieds,
A plat ventre devant tes souliers.
Tu rampes, femme, serais-tu folle ?
Souviens-toi, tu es ta propre idole.
Tu t'adores, femme, tu t'adores,
Sussurant les jamais, les encores.
Certaines femmes
Certaines femmes sont belles,
Elles sont intelligentes,
Très rarement indigentes.
Les hommes penchent pour elles.
Je les vois parfois en rêve,
Brillantes, majestueuses,
Un peu moins impétueuses,
A leurs haines faisant trêve.
Claudia, Madonna, Denise,
Sharon, Uma et les nôtres,
Sont masquées comme les autres
Dans la ville de Venise.
Dieu que ces femmes sont belles,
Qu'elles sont intelligentes,
Très rarement indigentes.
Les hommes penchent pour elles.
La beauté
La beauté est une arme puissante
Mais de qui est-elle la servante ?
Dieu, la nature... Quelle origine ?
La laideur est sa pauvre voisine.
La beauté, j'en fut l'un des esclaves.
A présent, j'ai rompu mes entraves.
Mais je ne suis pas tout à fait libre
Car en tout fragile est l'équilibre.
Israël sur la Palestine
Le monde est gris, ni noir ni blanc.
Dieu est-il assoiffé de sang ?
Le juif combat le musulman.
Pour moi, Sharon est un tyran.
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