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MIETTES ONIRIQUES
suivies de FRAGMENTS INTIMES
TOME VII
( Salim Benabdelmoumène FRA )
MIETTES ONIRIQUES
Le tract
Je me rendais à la mairie,
Amis, quand j'eus cette pensée :
« Front National. »
Une fois devant la mairie,
Je fus abordé par une femme.
Elle me dit : « Que pensez-vous
De Jean Marie Le Pen ? »
Je lui répondis :
« Je suis moi-même un étranger ;
Enfin, non, d'origine étrangère. »
Elle m'avait donné un tract.
Après ma réponse, elle fit un geste
Pour me le retirer, puis elle se rétracta.
Une Chinoise s'approcha alors :
« Je n'en ai pas eu, donnez-le moi. »
Elle essaya de m'enlever
Le tract des mains. Je lui dis :
« Dites-moi d'abord s'il vous plaît. »
Après un moment d'hésitation,
elle finit par le dire.
J'allais lui donner le tract
Quand un homme s'approcha de moi,
Le mari de la Chinoise.
Il avait... quoi ? une paire
De ciseaux. Il se mit alors
A découper le tract, qui disait :
« Joyeux Noël à tous, sauf aux étrangers. »
Donc, bien fait pour lui.
Le dernier Commandeur
J'étais avec les autres.
Nous étions rassemblés
Tous ensemble à ses pieds.
L'homme nous dominait.
Il me montra du doigt :
« Avec un peu de temps
Et de l'entrainement,
Tu seras le dernier
Commandeur des croyants. »
Le puits
Il y avait mon père.
Il y avait un puits.
Qu'y avait-il dans ce puits,
De l'eau ?
Non, des toiles de maîtres.
Mon père se prend...
Mon père se prend pour la Chose
Et la Chose se prend pour Musclor :
<< Par le pouvoir du Crâne Ancestral,
Je détiens la Force toute puissante ! >>
Il plisse ses yeux et tend son poing
Qu'il pose sur mon poing :
- Alors, je suis fort ?
- Euh ! oui, papa.
Le combat
J'étais le commandant
D'un vaisseau spatial.
Nous voguions dans l'espace
Quand nous fûmes attaqués
Par un dragon immense.
Nous répondîmes à son attaque
Par des tirs de canons-lasers.
Le dragon était toujours vivant.
Je décidais alors de l'attaquer de front.
Une fois les boucliers
En place et l'éperon sorti,
Nous fonçâmes sur le dragon
Et le décapitâmes.
Serpents
Le serpent né de ma bouche
Ne m'a pas été ôté.
La sauveuse a pris la mouche.
Le serpent n'a pas sauté.
Le serpent né de la bouche
De Farid s'en est allé.
La sauveuse a pris sa douche
Après l'avoir décollé.
Au Moyen Âge
Au Moyen Âge vivaient les bourreaux.
Ils nous mutilaient et nous torturaient.
Les geôles fourmillaient d'infortunés.
L'un d'eux chantait, les autres gémissaient.
Celui qui chantait n'avait plus son bras.
Lui, on le battait avec une chaîne.
Mon tour allait venir, ma main partir.
Le bourreau entra. Sa hache était prête.
Mais je résistai, d'où un bras de fer.
Sa poigne était... Plus forte fut la mienne.
Lassé, il sortit. Quand ma mère entra.
Du bourreau, était-elle l'amie ?
Elle se jeta sur lui, l'embrassa.
Je me sentis trahi. Quant à la suite...
Ouafa dominatrice
L'aube... Une Ouafa dominatrice,
Belle, née de la matrice.
Rêve : je me vois à ses pieds
Et je prends soin de ses souliers.
Ouafa ne doit plus me hanter
Car je ne veux plus la chanter.
Ouafa précède Magali.
L'une est S. M., l'autre est Ali.
Ouafa rapporteuse
Je n'aime pas Ouafa.
C'est une rapporteuse.
Mon lit est un sofa.
Ouafa est une gueuse.
Je rêve évidemment.
Ouafa ? Je l'ai frappée.
Ouafa assurément
N'est pas une poupée.
Aujourd'hui, mes amis,
Ouafa est mariée
Et parmi les fourmis
Est à jamais liée.
J'ai vu
J'ai vu déféquer Béatrice.
J'ai vu la femme dominante.
Qui se cache dans la matrice ?
Je n'en sais rien.
- Pourquoi pas Dante ?
Le pied posé sur son esclave,
La dominante faisait : « Ah ! »
Un volcan crachait de la lave.
Les amazones de Sanaa
Régnaient sur mon cœur et mon âme.
Béatrice faisait caca,
Caca.
- Elle assure, la femme.
De Washington à Malacca.
Claudia
J'ai dansé avec elle.
J'ai marché avec elle
En la tenant par la taille.
Je suis tombé à ses pieds.
J'ai caressé sa jambe.
J'ai baisé son genou.
Mais un homme est arrivé.
Il l'a prise dans ses bras
Avant de déposer
Un baiser sur sa bouche.
Je suis resté à ses pieds.
Je les ai vus s'embrasser.
Alors, fou de colère,
J'ai interrompu leur
Ebats. L'homme s'est tourné
Vers moi, en colère lui
Aussi. Nous nous sommes battus.
Le dernier mot est revenu
A Claudia qui nous a lâchés
Tous les deux.
Yacine veut
Yacine veut organiser des jeux.
Il nous montre son programme.
Pendant la pause, après le déjeuner,
Il a l'intention de nous montrer ses dessins.
Il nous en montre un, que j'apprécie :
- Wayi l'aalith, un portrait. Bon pour un concours.
- Il n'est pas de moi mais de Hinane.
Je suis un super-héros
Je suis un super-héros.
Je vole, je vole. En vain.
Qui est bien là, devant moi ?
Une ville du futur
(Une route, des voitures).
Le noir. Qui vole vers moi ?
Superman. Il me connaît.
Bien sûr, ce que j'ai à faire
Lui l'a déjà fait avant.
Je suis un super-héros.
Le Joker
Le sinistre Joker
Est dans mon rêve à présent.
Il veut commettre un attentat.
Il jette une bombe
En forme de canette.
La bombe explose.
Nous nous sauvons tous.
Le souffle est énorme.
Il poursuit une jeune femme
Qui s'enfuit en courant.
Sera-t-elle sauvée ?
Je n'en sais rien.
Peut-être de justesse.
Le fantôme veut sa revanche
Le pied a encore frappé.
Cette fois-ci, il a tué.
Mais le fantôme veut sa revanche.
Les vivants ne sont pas de cet avis.
Seulement voilà, on ne meurt pas deux fois.
La sirène
J'ai baisé les pieds d'une sirène.
J'ai mis ma bouche sur ses petons.
Elle nageait fort. Je l'ai stoppée.
Or, cette reine attendait un roi.
J'ai baisé les pieds d'une sirène.
Le plaisir s'est emparé de moi.
Elle nageait fort. Je l'ai aimée.
J'ai mis ma bouche sur ses petons.
Hommes politiques
1-DE GAULLE
De Gaulle défend la langue française
Et ce, avec emphase et avec aise.
Je l'écoute parler sans dire un mot.
Deux animaux : l'éléphant, l'escargot.
2-CHIRAC
Chirac ne sait pas baptiser un bateau.
Et dans Bougie, il erre comme une âme en peine.
Ma mère, elle, sait.
3-LE PEN
Le Pen ira-t-il en Enfer ?
Mes amis, moi, je n'en sais rien.
Suis les traces de Lucifer.
Ce qui sera, tu le sais bien.
Autres temps, autres lieux
1-SACRIFICES
Peuple du futur ? Ah ! peuple barbare !
Content de tes rites sacrificiels.
J'ai honte de toi, de ce que je vois.
Oh ! que ce demain ne soit jamais là !
2-LES SOLARIENS
Un vaisseau avance en direction du soleil...
Car des esprits peuplent le soleil : les Solariens.
Un homme se pose sur l'étoile, fort content :
Zone froide et monuments, l'œuvre des Solariens.
3-ILS SONT ARRIVES
Ils sont arrivés, les extraterrestres.
Le ciel est empli de leurs vaisseaux. Fin ?
Amis je n'en sais rien. Ils ont des griffes.
Ces êtres sont des animaux sauvages.
La mer dominatrice
Une mer dominatrice
Est tapie dans mon rêve.
Elle est, comment... destructrice,
Ne m'accorde aucune trêve.
Là, elle se dresse, fière,
S'apprêtant à tuer. Elle
S'abat, splash ! sur ma chaumière.
L'inondation est belle.
Dieux des mers et des rivières
Le petit dieu de la rivière
M'est apparu au bord de l'eau.
- Doux dieu, je ne suis que poussière.
- Je suis laid. Tu me parais beau.
- Dieu, comme la nature est belle !
- Pourtant elle est à l'abandon.
Quant au dieu de la mer cruelle,
Il s'appelle Poséidon.
- Poséidon est en colère.
La vague est là pour le prouver.
Le dieu au sale caractère,
Au prompt courroux veut m'achever.
Ouafa et moi
De la nourriture en abondance.
Ouafa la distribuait.
Je me suis demandé :
<< M'a-t-elle aimé un jour ? >>
Elle, méprisante :
<< Lorsque tu égaleras mes frères
Aux cheveux frisés, alors,
Je t'aimerai peut-être. >>
Sur ce, je me suis mis à penser :
<< Tes frères aux cheveux frisés,
Je n'aimerais pas les valoir
Mais Mohand Cherif, si. >>
Zeus me réclame
Zeus me réclame,
Bien plus que Dieu.
Quant à la lame,
Elle est de feu.
Ce feu qui brûle
Et qui détruit.
L'homme recule,
A peur et fuit.
Zeus me réclame,
Bien plus que Dieu.
Monsieur, madame,
Je tremble un peu.
<< Je suis ton père.
Ne tremble pas.
Car ma colère
Concerne Atlas. >>
J'ai raconté ma vie
J'ai raconté ma vie
A une boulangère
(J'en avait très envie).
Je lui ai dit : << Ma chère... >>
Puis ce fut le bla-bla
Mais pour quel résultat ?
Elle m'a fait : << Holà !
Prenez un avocat. >>
Mon fils
- Mon fils, j'ai honte de toi. Qu'es-tu devenu ?
- Pense ce que tu veux, dis-le à qui tu veux
Mais laisse-moi tranquille !
La mort de la belle
Des armes et de la nourriture
(Nous sommes sur une autre planète).
Là, peu nombreux, des hommes s'affairent
Tout autour et moi, j'en fais partie.
Plus tard, on organise une garde.
Une femme s'approche. Elle est brune,
Très belle. Elle s'exprime par gestes.
Le garde la laisse s'approcher,
Non sans une ou deux précautions...
Par la suite : le garde et la belle
Sont assis et discutent de tout.
Brusquement, des hommes apparaissent.
Ils sont armés, de jets notamment.
L'un d'eux lance son arme. Le garde
Parvient à l'éviter. Il se tourne
Vers sa nouvelle amie, inquiet :
Elle gît, frappée de plein fouet.
Enveloppée dans un linceuil,
La belle est inhumée dans un
Caveau.
- Père, elle va nous manquer.
Le comptage
Compter dans un rêve
Des objets divers,
C'est de la folie.
Pourtant, je l'ai fait :
J'ai compté, compté,
Jusqu'à 126.
Or, mon compte est faux
Mais j'en suis très fier.
En comptant, comptant,
Je suis resté sourd
Aux bruits alentours.
Mon cousin Saïd
A failli mourir
A cause de moi.
Son frère Farid
S'est mis en colère.
Il m'a insulté
Et j'ai répondu,
Furieux aussi.
Ma tante Laldja
Est intervenue.
Elle m'a calmé.
Ma prof ne veut pas de moi
Ma prof ne veut pas de moi.
Alors, je quitte la Terre.
Je quitte le système solaire.
Là où je suis maintenant,
Je vois de très nombreuses planètes.
Certaines sont si proches les unes des autres
Qu'elles semblent former des agrégats.
Moi, l'homme le plus fort du monde
"Hulk ? Non, mais l'homme le plus fort du monde.
C'était moi. J'étais l'homme le plus fort
Du monde. Ainsi, en une seconde
Je pouvais tout soulever, sans effort.
Tout était aussi léger qu'une plume".
Je sais que j'exagère un peu ici.
Ma foi, c'est mon défaut et je l'assume.
Mais après tout, un rêve que ceci.
L'interview
Je suis un poète connu.
Je suis riche. J'ai de la chance.
Des femmes m'ont déjà vu nu.
Fini, le Collège de France.
J'ai accordé une interview
A un célèbre journaliste.
- Well, Salim, what's your point of view...
- ... Bref, je suis sur la bonne piste.
Je vois mon père
Je vois mon père en rêve,
Mort il y a dix ans,
A présent avec Eve ?
C'est l'heure des bilans.
Quand il est en colère,
Je sais que rien ne va.
Mon père était sévère.
Quand je lisais "Nova"...
Dans mes rêves mon père
Parfois sourit aussi.
J'oublie ma misère,
Que j'ai un peu grossi.
Trop tard pour te le dire :
Père, je t'aime. Oh ! oui,
Pour le meilleur, le pire.
Rien n'est plus enfoui.
Le ciel est bleu, la nuit huileuse
Le ciel est bleu,
La nuit huileuse.
Je craque un peu
Pour une gueuse.
Je craque un peu.
Elle est si pauvre !
Le ciel est bleu.
Où est Hanovre ?
Je n'en peux plus.
Je veux ma gueuse.
Tout est confus,
La nuit huileuse.
Dans cette nuit,
Nombreux nuages.
Ils vont sans bruit
Depuis des âges.
De plus au moins
Cent mille étoiles
Brillent au loin
Formant des toiles.
La famille est
Avec moi. Le
Tableau nous plaît.
Levons le voile.
Nous discutons
De ciel et d'huile.
Nous n'acceptons
Aucune tuile.
Le ciel est bleu,
La nuit huileuse.
Et grâce à Dieu,
Mère est heureuse.
J'ai pénétré dans la vague
Je vole dans les airs
En direction de la mer.
Je suis au dessus de l'eau
Quand arrive une vague géante.
Elle semble se diriger vers moi.
Je change alors de direction.
La vague semble me poursuivre.
J'essaie de lui échapper
En vain. Elle finit par m'aspirer.
Une fois dans l'eau
Et au bout d'un moment d'adaptation,
J'arrive à respirer.
Je vois alors un homme.
Il dort, enfermé dans un écrin en verre.
Les deux vagues
Je suis avec ma bien aimée.
Nous dînons au bord de la mer
Dans une sorte de bunker.
Une première vague arrive,
Venant de la gauche. Elle passe
Au dessus de nous. Au départ,
Mon amie a peur. Puis la vague
Passe, sans nous atteindre. « Rien
Ne sert de courir, devant un
Raz de marée. »
Elle sourit.
Une deuxième vague arrive,
Venant de face et plus puissante.
« Sans doute le fruit d'une bombe
Atomique. Celle-ci peut
Nous détruire. »
Il n'en est rien. Fin.
FRAGMENTS INTIMES
Dieu, les anges et les démons
1-SI J'ETAIS UN ANGE
Ah ! si j'étais un ange
Au service de Dieu,
De lumière ou de feu.
Je n'aime pas la fange.
2-L'ENFANT MAUDIT
Un ange vole haut. Il transporte un enfant.
Des flammes. C'est l'Enfer. L'ange lâche l'enfant.
Pourquoi agir ainsi ? Est-ce un ordre de Dieu ?
Il brûle, pauvre enfant. Quel crime a-t-il commis ?
Il appelle au secours. Personne ne répond.
Responsable, Dieu l'est. Et quant à nous juger...
3-LE DIABLE
- Que vient faire le diable au sein de ta prière ?
- Satan, tu le sais bien, est puissant.
- Mais encore ?
- Anges, diables et dieux ne datent pas d'hier.
- Tu te laisses aller. Lutte, fais un effort.
Sauvez nos âmes
- Sauvez nos âmes ! sauvez nos âmes !
Nous redoutons l'Enfer et ses flammes.
- Je comprend. Avant, sachez que Dieu
A fait l'eau, l'air, la terre et le feu.
Au Paradis, l'eau, l'air et la terre
Abondent. Le feu, en Enfer, erre.
Or, je suis moi-même menacé
Par l'Enfer, ce qui est insensé.
Courage, poursuivez votre marche.
Tout au bout, il y a la grande arche.
Mahomet, lui, pourra vous aider.
Au Paradis, on peut accéder.
Dieu est malveillant
Jean Marc est quelqu'un de brillant.
Il dit que Dieu est malveillant,
Autrement dit un chenapan,
Et qu'il n'y a pas de Satan.
Vérité que nul ne supporte :
Satan ? C'est Dieu. Le mal l'emporte.
Et quant à moi, je peux comprendre.
Pour tout savoir, il faut attendre.
Quel prophète ?
Un prophète sommeille en moi
Mais jamais il ne me domine.
Jésus ? Ali ? Qui est ce roi ?
Sur l'autre voie, Satan chemine.
Ali, en fait, comment est-il ?
Car Jésus, je le vois en rêve.
L'homme en blanc a le bon profil.
Sur l'autre voie est la jeune Ève.
Côté bien : Jésus et Ali.
Côté mal : Satan. Quant à Ève,
Je crois bien qu'elle m'a sali.
La guerre est là, à quand la trêve ?
L'aveu
A vous, mes chers amis, je veux faire un aveu :
Je suis, s'Il est bien là, un envoyé de Dieu.
C'est à ce grand muet que je fais allégeance.
Bien pire, le doute est, quant à son existence.
Je suis, s'Il est bien là, Celui qui fait le lien.
J'ai quatre mots à dire : « Amis, faites le bien. »
L'exemple qui suivra, alimente le doute
Que la croyance en Dieu soit bien la seule route.
Le premier dit qu'il fait le bien au nom de rien,
Qu'il ne croit pas en Dieu, qu'il n'y a pas d'Ancien.
Et, bien qu'il soit sans foi, il a beaucoup de chance.
Tout lui sourit en fait. Cet homme vit en France.
Le second fait, s'il croit, le mal au nom de Dieu.
Amis, lequel des deux mériterait le feu ?
Enfin, pour moi le bien prime sur la croyance
Mais Dieu, ce grand muet, brille par son absence.
Dieu est un virus
Dieu est un virus. Dieu nous parasite.
Comment éviter la contagion ?
Fi des prophètes et de l'eau bénite !
C'est qu'il n'y a pas de punition.
La religion ? Une épidémie.
Une machine vit. C'est l'être humain.
Moine, la science est ton ennemie.
Crois et fais le bien, ce n'est pas en vain.
L'immortel
I cannot die, It's my power.
My soul is an eternal flame.
Human race, I am your flower.
Human race, do you know my name ?
Oui, tel Dieu, je suis immortel.
Je me souviens des origines :
Il y avait Adam, Abel,
Ève, la reine des coquines.
Aujourd'hui, je suis avec vous.
Il y a la bombe atomique.
Le monde est sens dessus dessous.
Les ordres viennent d'Amérique.
Futur César ou Attila,
A bien régner, je te convie.
Lorsque tu ne seras plus là,
Je resterai toujours en vie.
Un marin sous les étoiles
Je lis : POUSSIÈRES D'ÉTOILES.
Assis, las, je vois des voiles.
Capella ? Aldébaran ?
Moi, je vois un trimaran.
Un marin sous les étoiles.
Le marin pense à ses voiles.
Capella, Aldébaran,
Veillent sur son trimaran.
Ecrire
Qu'est-ce qu'écrire sans raison ?
Des pieds qui poussent à foison.
Des vers creux, sans queue ni tête.
Quant à mon cœur, il est en fête.
Je vois
Je vois la fin. Je vois l'origine.
Je sais très bien s'il pleuvra demain.
Le gamin ? Gris. Quant à la gamine...
Le présent appartient à la Main.
Car je perçois le Livre du Temps.
Sur une droite, l'homme chemine.
Un, c'est l'hiver. Deux, c'est le printemps.
Le Bien / le Mal rampe puis domine.
Qui es-tu ?
- Qui es-tu ?
- Je suis Dieu.
- Qui es-tu ?
- Je suis le fils de Dieu.
- Qui es-tu ?
- Je suis le prophète caché.
- Qui es-tu ?
- Je suis Satan.
- Qui es-tu ?
- Je suis l'Antéchrist.
- Qui es-tu ?
- Je suis Adolf Hitler.
- Qui es-tu ?
- Je suis un fétichiste.
- Qui es-tu ?
- Je suis un homme.
- Je suis un homme, moi aussi.
Qui es-tu ?
- Je suis... Salim ?
- Je suis Salim, moi aussi.
Qui es-tu ?
- Je n'en sais rien.
Et toi, qui es-tu ?
Mal de tête
L'œil qui regardait Caïn
Et qui me regardait
S'est brisé en mille morceaux.
J'ai mal à la tête.
Femmes
1-SOPHIE SUR UN NUAGE NOIR
Sur un nuage noir,
Oh ! rage se prépare !
Pluie bat tant, si bien.
Hurle ! mens ! Et reviens.
Irritée, elle ? Ciel !
Embrassade au soleil.
2-SONIA
Le roi barbare était ton frère.
De son sang tu peux être fière !
Contre lui tu es en colère.
Tends la main, tu seras entière.
3-AURELIE / OPHELIE
- J'aime ce prénom : Aurélie.
- Aurélie, ou bien Ophélie ?
- Mais au fait, qui est Aurélie ?
- Croque-monsieur, mais très polie.
4-ANNA
Anna, dangereuse pour l'homme,
Car c'est ainsi qu'elle se nomme.
Anna, maîtresse des requins.
Des yeux mangeons les mannequins.
Marilyn
Marilyn, Marilyn, pourquoi es-tu partie ?
Pour toi j'ai de l'amour et de la sympathie.
Je m'appelle Salim, quarante ans aujourd'hui.
J'étais alors petit, quand le soleil a fui.
Longtemps, je fus un nain. Tu étais ma déesse.
A présent, j'ai grandi. Seul le rêve me blesse.
Oui, je suis un rêveur. J'aurais aimé te voir.
Il y a quarante ans, tu disais : « Au revoir. »
La Terre se souvient
La Terre se souvient de Marilyn,
De ce merveilleux prénom : Norma Jean.
Les étoiles trouvent cela normal
(Le Serpent, le Corbeau et la Boussole).
Je l'ai adorée, à même le sol.
Marilyn était bien plus qu'une idole.
Aujourd'hui, j'attend ce rêve parfait.
Bien que morte, je peux la rencontrer.
J'ai bien vu Gainsbourg et Jimi Hendrix.
Demain, qui sait ? Peut-être Marilyn.
Je repense
Je repense à ce poème, "Au bord du fleuve".
Le corps.
On ne devrait offrir son corps que par amour
Et non pour de l'argent.
A l'heure où j'écris
A l'heure même où j'écris, je n'ai pas bien grandi.
Je suis dans le métro. Nous sommes mercredi.
A l'heure même où j'écris, je n'ai pas bien grandi,
De retour au Collège et nous sommes jeudi.
Ainsi passent les jours. Or, je reste petit.
Je crois bien l'avoir dit : j'ai beaucoup d'appétit.
Salim, Salim, Salim. Ni Jésus ni Ali.
J'ai beau chanter Léa, Amanda, Magali,
Ouafa, je reste seul. Non, je n'ai pas d'amie.
A qui la faute, à qui ? Peut-être à Jérémie.
Le trou noir
Je suis un vrai trou noir,
Oui, j'absorbe, j'absorbe,
L'air frais, le tamanoir,
Dame Lune et son orbe.
Je ne vais pas très bien.
Je me sens inutile.
Non, je ne sers à rien,
Le temps de l'atrabile.
Or, j'ai lu chez Halim :
« Combats, bats-toi mais chante... »
Au travail, cher Salim,
Combats, bats-toi mais chante.
Les deux rimailleurs
Ah ! Michel, colleur d'étiquettes,
Ce que je suis moi-même au Collège.
Naïma m'a dit :
« Toi, un poète ? »
J'ai répondu :
« Moi, non, mais Yacine si. »
Et Yacine a repris :
« Moi un poète ? Non, mais un rimailleur. »
Nous sommes donc des rimailleurs,
Yacine et moi.
Je boude
Je boude dans mon coin.
Le néant n'est pas loin.
Je me sens inutile,
Le temps de l'atrabile.
Dans ma main une pomme
Qui dit : « tu es un homme.
Manger, boire, dormir,
Il ne faut pas gémir. »
Bien, je ne boude plus.
Je reprends le dessus.
« Combats, bats-toi mais chante... »
Cette fin-là m'enchante.
Un poème sans titre
Je pense à mon destin, à ma triste existence.
Le fond... Je tourne en rond et je n'ai pas de chance.
Je suis un parasite, un faux sage, un vrai pitre.
Je pleure sans raison, un poème sans titre.
La voix : « Echec et mat ! » Je ne sais pas pourquoi.
« Pousser, pousser, pousser. » Et puis : « laver le roi. »
Il m'arrive parfois d'être un peu déprimé
Mais là, je me sens bien. Juste un peu enrhumé.
Le mauvais sonnet
Je n'ai pas de travail, ce qui est du concret.
Je suis en C.E.C. au Collège de France.
Comment combler le manque, oublier la souffrance
Et cette impression de n'être qu'un boulet ?
Je suis en train d'écrire un très mauvais sonnet.
Je n'ai pas de travail, si dure est l'existence.
Un véritable humain doit souffrir en silence.
Et cette impression de n'être qu'un baudet ?
Père disait souvent : « Tu n'es qu'un incapable. »
Je pleure sur mon sort. Je suis inconsolable.
Dans mes rêves parfois, je vois ramper un nain.
Il faut tout oublier, ne penser qu'au baptême,
A ce vers provenant d'un ancien poème :
La ville ou l'inconnu - ce que sera demain.
Je me suis senti bien
Je me suis senti bien au milieu des roses,
Au milieu des arbres et des oiseaux. Certes,
Un noble métier, celui de jardinier.
Dame Nature doit être protégée.
De grands poètes ont chanté la nature.
Quant à moi, je me pose une question :
Les roses, les arbres, les corbeaux, les pies,
Seront-ils là demain ? S'Il est, Dieu le sait.
Heureux
Si je me suis tordu la cheville,
Je n'en demeure pas moins heureux.
J'ai vu les membres de ma famille.
Leur accueil fut souvent chaleureux.
Ici en France, je me repose
Dans mes rêves, il y a Leïla,
Neuf ans, bien plus belle qu'une rose,
La petite sœur de Dalila.
Leïla me manque
Leïla me manque cruellement.
Je pleure. Je la revois en rêve.
La solitude est mon châtiment.
L'Algérie ne fut qu'une trêve.
J'aurais aimé avoir un enfant.
Saïd, lui, ne connaît pas sa chance.
- Ton jour viendra, me dit l'olifant.
Leïla me manque. Peine. Souffrance.
Le corbeau domine
Il m'attendait hier, il m'attend aujourd'hui,
Il m'attendra demain : un voile sur l'ennui.
Nombreux sont les oiseaux mais le corbeau domine.
« Ka ! » Je lève les yeux, je le vois dans le ciel.
Le voici sur un toit. Cet oiseau est sans fiel.
Sait-il, lui, qu'à présent je bosse pour la Chine ?
Quand je vais à vélo jusqu'au grand parc de Sceaux,
Je m'assieds sur un banc, regarde les oiseaux,
L'eau, les badauds, le ciel (enfin, bref, la nature).
Un corbeau par deux fois s'est approché de moi.
Je lui ai dit bonjour mais il est resté coi.
Point de corbeau parlant, de la littérature.
Le cri du corbeau
Mon destin est d'entendre « ka ! »
N'est-ce pas, tante Malika ?
Je ne suis pas un grand poète.
Malgré tout, j'ai une amulette.
Ka ! je dis tout et son contraire.
Ka ! je ferais mieux de me taire.
Ka ! oui, ka ! le cri du corbeau.
Je l'entends, depuis mon tombeau.
Ka !
Ka ! j'entends des corbeaux.
Ces oiseaux noirs sont beaux.
Ils sont intelligents
Et fiers, de vrais sergents.
Ka ! j'ai mal à la tête.
J'ai trop lu. « Es-tu prête ? »
Je taquine la Muse
Mais souvent, elle m'use.
Le geai
Un geai se pose sur la pelouse
(En octobre, la veille du douze,
Vendredi). Jenny est avec moi.
Il fait beau. 2002, ma foi.
Nous sommes au Collège de France.`
Le geai ignore notre présence.
Il est sur l'arbre, il est sur le mur,
Puis il s'en va, volant sous l'azur.
Deux pigeons
Deux pigeons sur la pelouse,
Treize jour après le douze.
En octobre, il pleut beaucoup.
J'ai très soif. Je bois un coup.
Vendredi avance, avance.
Ciel gris. Collège de France.
L'année ? 2002.
Vivre, un projet hasardeux ?
Pendant que je cherche à mélever
Pendant que je cherche à m'élever,
Une part de moi me refuse ce droit.
Elle m'attire vers le bas.
Je prie. Je prie.
J'entend des voix.
Ce qu'elles me disent ?
Je ne vous le dirai pas.
Les voix me poussent vers le bas.
Maudites voix ! Maudites voix !
Neige
L'homme reste un homme
Quelle que soit sa condition.
Neige et son bonhomme
Maîtrisent la situation.
L'homme reste un homme.
Le métro fait sa publicité.
Neige et son bonhomme
Ensembles règnent sur la cité.
Le train, lui, avance.
Et je vais bientôt rentrer chez moi.
Neige a de la chance :
Cette reine vit avec son roi.
Le ramadan fonce.
Le onzième jour touche à sa fin.
Neige rit. Alphonse
Dit : « Nous sommes des chrétiens, enfin ! »
La Chose
La Chose, ce n'est pas Ben Grimm.
Elle me fait mal en ce moment.
Elle m'a dit : « Je suis la matrice. »
Elle était belle évidemment.
La Chose, la femme. La femme, la Chose.
La matrice, la Dominatrice.
La Chose ne vit pas dans un marais.
La Chose, les voix. Les voix, la Chose.
Les voix sont fortes en ce moment.
La Dominatrice, c'est la Main.
La Main, la Chose. La Chose, la Main.
Qui est la Chose ? Je n'en sais rien.
La ramadan suit son chemin.
La prière suit son chemin.
La Chose se moque du ramadan.
La Chose se moque de la prière.
La Chose n'a pas peur de Dieu.
La Chose est le mal du moment.
Le nain porte Béatrice
La Chose règne sur le monde.
La Chose est peut-être la Main.
La mort approche,
Plus qu'une seconde.
La ville ou l'inconnu -
Ce que sera demain.
Et demain, Tinhinane sera médecin.
Quant à moi, je ne suis pas un saint.
Jessica Alba, moi je pense à toi.
La nuit du destin =
La nuit de Béatrice.
Le nain porte quoi ?
Le nain porte Béatrice.
Une Béatrice heureuse, sereine,
Belle de la tête aux pieds,
En maillot et sans souliers.
Le nain porte Béatrice.
Le nain porte Béatrice.
Béatrice doit être embrassée.
Mon amour pour elle est puissant.
La voilà embarassée.
J'ai très faim. Je mange un croissant.
J'ai très faim. Je suis un enfant.
J'ai très faim. Sage est l'éléphant.
L'éléphant porte Béatrice.
Béatrice nage dans l'eau.
La nuit porte Béatrice.
Béatrice, ton corps est beau.
Mes chaussures sont trouées.
Il y a le soleil.
Un homme vient de mourir
Dieu, existes-Tu ?
Un homme vient de mourir.
Est-il auprès de Dieu ?
A-t-il disparu ?
Ira-t-il au Paradis ?
Plus qu'une semaine
Avant la fin du ramadan.
Aucun rêve marquant
Cette année,
Point de Satan,
Point d'homme en blanc.
Un homme vient de mourir.
On meurt aussi
Durant le ramadan.
Bientôt la fin de l'année.
Adieu 2002,
Bonjour 2003.
L'euro en 2002.
Le permis en 2003 ?
Elles sont volantes dans mes rêves,
Les voitures.
S'envoler.
Vive la liberté !
Je ne compte plus les pieds.
J'étais parti pour oublier,
Oublier qu'un homme vient de mourir.
Paix à son âme.
La vie continue.
Un homme vient de mourir.
J'aimerais conduire une voiture.
La vie continue
Mais un jour, ce sera mon tour.
Je balance
Entre l'infiniment grand
(Ce que je suis dans mes rêves)
Et l'infiniment petit
(Ce que je suis dans la vie),
Je balance, je balance.
L'Antéchrist est dans le Christ.
Hé ! je suis Adolf Hitler !
Le mal semble l'emporter.
L'enfer n'est pas mérité.
Autrement, qui est la Chose ?
De la neige
De la neige sur la pelouse.
L'hiver. Six jour avant le douze.
Janvier 2003. Lundi.
Je me sens bien. J'ai rebondi.
Je suis au Collège de France.
En lecteurs, faible est l'affluence.
De la neige sur le gazon.
Il fait froid. Rien à l'horizon.
Je m'ennuie
Clap : Collège de France. A l'accueil, je m'ennuie.
Est présente, la neige. Est absente, la pluie.
Sept lecteurs sont passés. J'attends le déjeuner.
Ce soir, je donne un cours (des maths à enseigner).
Il fait froid, aujourd'hui. Je pense à Béatrice.
Mariée. Un enfant ? Aucune cicatrice.
Je pense à Béatrice et à Sophie aussi.
Le passé me revient. Strasbourg fut, c'est ainsi.
Il neige
Vendredi 10 janvier 2003.
Début de l'année. Début du mois.
Il neige sur le Collège de France.
L'astre Soleil brille par son absence.
Le ciel est gris. Il fait froid. C'est l'hiver.
Il faisait beau encore avant-hier.
Quant à moi, je colle des étiquettes,
Fort loin des tigres et des alouettes.
Le prédateur
L'animal meurt pour que l'homme vive
Car ce dernier est un prédateur,
Un prédateur et un assassin.
L'homme meurt pour que l'homme... Allons donc.
Je suis un homme, un vrai prédateur,
Pour la viande et les médicaments.
Mais je ne suis pas un assassin.
Irai-je au paradis ? Dieu, Lui, sait.
Dieu, prends soin d'elle
Le ciel est bleu.
Je pense au feu,
A une femme.
Ah ! pauvre femme.
Morte à présent.
Rien d'amusant.
Une poubelle.
Celui ou celle
Qui la trouva
Chut, dériva.
Ah ! mort affreuse,
Si douloureuse.
Le ciel est bleu.
Je fais un vœu :
- Dieu, prends soin d'elle,
Moche ou bien belle.
Je suis Dieu
L'être humain parfois dévie.
Foin du respect de la vie !
- Je suis Dieu, dit le Sniper,
Mort à Lee ! Mort à Harper !
Dieu serait donc colérique,
Sévirait en Amérique.
Dieu serait un assassin,
La victime du Malin ?
Nous sommes une famille
Ginette est-elle méchante ?
Ma foi, moi, je n'en sais rien.
Je préfère imiter Dante
Car cela me fait du bien.
Nicole, elle, est très gentille.
Ma mère le sait de loin.
Nous formons une famille.
D'elle donc prenons bien soin.
L'enfant et la star
Un enfant qui a faim.
Une star de cinéma.
Le pied fait la différence
Mais pas la publicité.
J'ai faim. L'enfant a faim.
Je ne mourrai pas demain
Ni la star de cinéma.
L'enfant ? Dans 4 secondes.
Une femme assise
Une femme assise sur une main,
Pieds nus : de la publicité en somme,
De quoi inspirer un bon écrivain.
La grande dort. La petite se nomme...
Emma ? Anna ? Dante la connaît bien.
La grande dort, pas la Dominatrice.
La Main peut faire le mal ou le bien.
La petite se nomme Béatrice.
Un singe sans guenon
Une femme nue est assise
Sur une machine à laver.
Un commentaire ? Une analyse ?
D'amour devrai-je me priver ?
Je ne suis pas une machine,
Femme, je suis un être humain.
Pour l'instant, je suis à la Chine
Où je suis le seul Africain.
Le rêve : « Tu es un prophète. »
Le médecin : « Bien sûr que non. »
Naïma : « Tu es un poète. »
Je suis un singe sans guenon.
Pourquoi court-on ?
Pourquoi court-on après l'argent ?
Car l'important est d'être heureux.
On doit penser à l'indigent.
- On peut aussi être amoureux.
Enfin, qu'ai-je fait de mon cœur ?
Hier, la femme était mon dieu.
- Oublie cet oiseau moqueur.
- J'aimerais ne penser qu'à Dieu.
A Dieu, mais la route est minée.
Mon cœur est toujours à sa place.
La croix serait contaminée ?
J'aimerais que l'on