Nous rapatrier
Repatriarnos
Que les hippocampes amoureux
dépècent l’horreur
Que des bandes de jacinthes
poignardent l’indifférence
Qu’Orphée guide vers l’Arcadie
Libanais et Palestiniens
Qu’Eurydice brûle les enfers
et fonde la joie
Que la paix se berce dans
des partitions de Gounod
Que des orphelins rassasiés
imposent la justice
Et que des siroccos en furie
assassinent la cruauté
Pour faire don de nous avec
faim de pluie
Et nous rapatrier dans des
brumes de lumière
Jasmins et bourreaux
Jasmines y verdugos
Un peloton de bourreaux
poursuit
les jasmins qui dansent avec
la brise
Libanais, Palestiniens,
Humains.
Les soleils se meurent sur
leurs paupières
Leurs horizons sont tranchés
aux ciseaux
Ils se nourrissent de pleurs
ravalés
Et dans leur âme ils bercent
une colombe morte.
La sève les repousse et la
mort les saccage
Tous les firmaments leur
sont défendus
La prière vers un dieu
devenu sourd sillonne leurs
haillons
Et à chaque bataille
Thanatos l’emporte sur Éros.
Les cloches ne sonnent plus
des angélus de pétales
Les clochers épouvantés
sifflent — squelettes.
Tels des feux d’artifice le
Pouvoir lance des missiles
Qui se brisent dans un
fracas de bombes et d’ossements.
Et ils meurent en s’avortant,
telle une fleur avant d’être
née
Mais quoi, que fais-je avec
ma seule voix qui brame.
Des millions d’étoiles
suicident mes joues
Pendant que mon âme traverse
les galaxies de cèdres
Pour que l’univers s’abreuve
dans des nids-calices
Pour des bouquets de petits
pieds de bébés bien nourris
Pour un ciel qui dirige
l’orchestre d’un chœur d’anges
Et un lit qui fasse naviguer
les jasmins sur les mers,
vers la paix
Paris, le
juillet 2006
Pendant que la Palestine et
le Liban regorgent d’effroi
traduit de l’espagnol
(Argentine) par Pedro Vianna
en harmonie avec l’auteure
http://www.cristinacastello.com
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